La prochaine séance du séminaire BRICS (Inalco-CREE /Fmsh/USaclay) aura lieu mercredi 3 juin à 18h à la Maison de la Recherche de l’Inalco, 2 rue de Lille 75007 Paris et en ligne (lien à venir).
Elle recevra :
Yuan Zhigang (Université de Fudan)
Sur le thème suivant :
A propos de l’ouvrage “L’économie chinoise : cycles et gouvernance”.
Quel rôle donner à la consommation des ménages dans la croissance ?
Discutant : Guilhem Fabre (Université de Montpellier, Séminaire BRICS)
Lien vers la présentation : Séminaire BRICS 3 Juin 2026
Résumé :
Depuis l’émergence de la macroéconomie après la Grande Dépression, les chercheurs s’attachent à expliquer les fluctuations de la production, de l’emploi et de l’inflation. S’appuyant sur les théories macroéconomiques contemporaines — notamment les apports sur l’interaction entre l’offre et la demande, les cycles financiers et la croissance endogène — l’ouvrage “L’économie chinoise : cycles et gouvernance” publié par Yuan Zhigang analyse les mécanismes qui sous-tendent le développement à long terme et les dynamiques conjoncturelles à court terme de l’économie chinoise.
Le parcours macroéconomique de la Chine est unique dans l’histoire économique moderne. À l’époque de l’économie planifiée, la croissance reposait sur une épargne élevée, une industrialisation rapide et une allocation des ressources administrée, mais elle entraînait des pénuries et des inefficacités structurelles. Après 1978, la réforme et l’ouverture ont remodelé les incitations économiques, tiré parti de l’avantage comparatif de la main-d’œuvre chinoise et permis au pays de s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales. Pendant plus de quatre décennies, la Chine a maintenu une croissance proche de deux chiffres et est devenue la deuxième économie mondiale.
Cependant, les moteurs de la croissance connaissent une transformation profonde. Le dividende démographique s’épuise, le vieillissement de la population s’accélère, le chômage des jeunes augmente et les obstacles à la mobilité de la main-d’œuvre persistent. La modernisation industrielle subit la pression des tensions géopolitiques, des phénomènes de rapatriement et de relocalisation industrielle dans les économies avancées, ainsi que de la concurrence technologique, en particulier avec les États-Unis. Parallèlement, la faiblesse de la demande intérieure, la crise prolongée du secteur immobilier et l’endettement des collectivités territoriales font peser un risque de récession par dégradation des bilans.
La Chine est aujourd’hui confrontée à la fois à des défis structurels du côté de l’offre — mutation démographique, ralentissement de la productivité et transformation industrielle — et à des pressions conjoncturelles du côté de la demande : stagnation de la consommation, recul des investissements et ralentissement des exportations. Dans le même temps, la tendance à la démondialisation, la fragmentation des chaînes d’approvisionnement et l’intensification des rivalités stratégiques amplifient les risques externes.
Dans ce contexte, la Chine doit opérer la transition d’une croissance à rythme élevé vers un développement de haute qualité. Les politiques doivent viser à rééquilibrer l’économie autour d’une croissance portée par la consommation, à améliorer la productivité grâce à l’innovation et aux réformes, à favoriser une allocation inclusive et efficace de la main-d’œuvre, à préserver la stabilité financière durant les ajustements structurels, à approfondir l’ouverture tout en garantissant la sécurité nationale, et à mettre en place une gouvernance moderne pour pérenniser la prospérité à long terme.
La discussion autour de ces thèmes sera introduite par Guilhem Fabre
L’intervenant :
Yuan Zhigang a obtenu son doctorat en sciences économiques en 1993 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, France. Il est aujourd’hui professeur et directeur de thèses à l’École d’économie de l’Université de Fudan, directeur du Centre de recherche sur l’emploi et la sécurité sociale de l’Université de Fudan, professeur distingué du programme « Chercheur du Yangtze » du Ministère de l’Éducation et maître enseignant national.
Il occupe également plusieurs postes annexes : expert en chef du Laboratoire Yuan Zhigang, base de recherche consultative pour les décisions du Gouvernement municipal de Shanghai, conseiller du Gouvernement du Fujian, expert consultatif invité du Gouvernement de la Région autonome du Guangxi Zhuang, ainsi que professeur invité à l’EMLYON Business School en France.
Au fil des années, le professeur Yuan Zhigang a exercé les fonctions suivantes : doyen de l’École d’économie de l’Université de Fudan (2004-2015), membre du Conseil d’administration et du Comité des diplômes de l’Université de Fudan, membre du Groupe d’évaluation des disciplines d’économie théorique du Conseil d’État, vice-président du Comité directeur de l’enseignement des disciplines économiques des établissements supérieurs du Ministère de l’Éducation, expert consultatif spécial du Gouvernement municipal de Shanghai, membre du Comité consultatif d’experts du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale, et membre du Comité international d’évaluation scientifique de la Fondation Maison des sciences de l’homme.
Le Professeur Yuan Zhigang consacre principalement ses recherches au fonctionnement de la macroéconomie chinoise et aux questions associées, notamment la croissance et les fluctuations macroéconomiques, l’emploi et l’assurance retraite, la mondialisation et l’économie politique internationale, la finance et l’internationalisation du yuan chinois, ainsi que la répartition des revenus.
En 1997, il a reçu le Prix Sun Yefang des ouvrages en sciences économiques, la plus haute distinction dans le domaine économique chinois. À l’occasion du 60e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, il a été sélectionné parmi les « Cent économistes ayant marqué la construction économique de la nouvelle Chine ».
