L’afro-cosmologie prête-à-porter de Selly Raby Kane

Un homme et une femme dansent au rythme hypnotique de percussions synthétiques et d’un chant déformé. Ils piétinent la terre nue et soulèvent des nuages de poussière, leurs membres supérieurs dessinent des formes elliptiques avec pour toile de fond des galaxies nébuleuses. Les danseurs isolés twistent sous l’invisible pression de l’instance du martèlement sonore, dans ce vide sans fond d’où les étoiles vibrent du coeur nu d’amas colorés. En gymnastes défiant la gravité, ils se déplacent sous un rayon de lumière bleue fluorescente diffusé par l’oeil d’une nébuleuse. On les convoque. Une échelle semble monter quelque part, nulle part. Dystopie ou utopie ? La scène ne nous dit pas si les personnages accueillent l’appel ou y résistent.

être noir aux USA

Le chef cuisinier nigérian Tunde Wey aborde la question noire aux Etats-Unis dans sa série de dîners itinérants en partenariat avec Okayafrica… et Black(s) to the Future diffuse la série en français, spécialement pour vous !

De l’influence de l’afrofuturisme sur l’art du vêtement

Dans son article paru dans AnOther Magazine, Laura Havlin saisit de manière assez juste les contours de l’esthétique afrofuturiste et son influence sur les tendances vestimentaires afro. (N.D.L.R. : l’article qui suit est d’abord été publié sur « Afrosartorialism », le blog de la chercheuse Enrica Picarelli, le 29/12/15)

Noir.e, trans et fièr.e

Le mouvement Black Lives Matters, employé pour la première fois en 2013, est un mouvement militant développé de l’autre côté de l’Atlantique, à la suite des violences et bavures policières au sein de la communauté afro-américaine. « Les vies noires comptent » telle est la devise de cette mobilisation, dorénavant présente non seulement aux Etats-Unis, ou au Canada, mais aussi en Afrique et au Ghana notamment.

Les condominiums éthiopiens : « prisons » ou cités dorées ?

Depuis 2005, le gouvernement éthiopien s’est lancé dans une vaste politique de renouvellement urbain et de construction. Pour répondre à la demande de logement croissante dans les villes éthiopiennes, il a construit près de 80.000 condominiums. La majorité sont situés à Addis-Abeba […]. 63.677 familles ont déjà bénéficié d’un logement dans un condominium. La mairie les distribue par loterie. Ceux qui ont remporté le gros lot ont ensuite 30 ans pour payer les 40.000 birrs, soit environ 1800 euros requis par la ville pour devenir les heureux propriétaires de leur appartement. (Slate Afrique)

Neals Niat : Follow The Story Between The Lines…

« Je dessine depuis que je suis tout petit, ça a toujours été une passion, qui est devenue depuis quelques années quelque chose de plus concret. Mes œuvres étant en grande partie inspirées de mon enfance passée au Cameroun et du monde qui m’entoure, il m’a toujours paru évident de travailler en noir et blanc, un peu comme des VHS : j’appelle ça la « Monochromatic Visual Metaphor ». Je veux transmettre ma richesse culturelle à travers mon travail de façon ludique. » Neals

Art by Krigga : balance your equation

“J’ai vraiment commencé à m’intéresser au collage quand je me suis mis à étudier l’alchimie. L’idée de prendre une “prima materia” et de la transmuter en quelque chose de nouveau m’est apparu comme une évidence. J’ai toujours été fasciné par l’esthétique du collage, et j’étais naturellement doué pour ça. Ce qui m’a définitivement motivé c’était le manque de visages et de corps noirs au sein d’une telle expression.” Krigga

Appropriation culturelle : quelles pratiques pour quelles conséquences ?

« Une adolescente japonaise qui porte un tee-shirt floqué du logo d’une grosse compagnie américaine n’est pas la même chose que Madonna qui porte le bindi comme si elle en était à l’origine. La différence, c’est l’histoire et le pouvoir. La colonisation a rendu les cultures occidentales anglo-saxonnes puissantes et convoitées. L’ignorance d’une culture est un fardeau pour les asiatiques, les africains et les peuples indigènes, et est méconnue d’une majorité des descendants européens […]. Peu importe d’où vient l’appropriation. Si une culture dominante sophistique des éléments au hasard (un style de robe, une manière de parler, un style de musique) de ma culture […], mais d’un autre côté dédaigne ma façon d’être et cherche à me marginaliser, c’est clairement une insulte ». Tamara Winfrey Harris

Afro-futuristes Anonymes

“Pour le meilleur ou pour le pire, on parle souvent de moi comme le premier auteur de science-fiction africain-américain. On retrouve pourtant [au sein] ce que l’on qualifie généralement de proto-science fiction, un certain nombre d’auteurs noirs. [M. P. Shiel, Martin Delany, Sutton E. Griggs, Edward Johnson…] Je crois avoir entendu Harlan Ellison [NDLR : auteur américain de science-fiction] affirmer que dans la génération pulp, nous connaissons des dizaines d’écrivains, mais uniquement par leurs prénoms […] Ainsi nous n’avons tout simplement aucun moyen de savoir [combien] étaient noirs, hispaniques, femmes, natifs Américains, asiatiques… C’est l’apanage des écrivains. » Samuel R. Delany

Cheval de feu

Le plus dur n’est pas la réussite, ni même la volonté de réussir. C’est être intelligible à soi-même, accepter et admettre que l’on peut réussir qui constituent le véritable challenge. Se chercher, se connaître, se connecter, afin de comprendre et concevoir le monde. Se laisser un instant submerger par l’ivresse de l’élan pour franchir les étapes, tel un parcours d’obstacles. Magnifier l’épreuve de l’apprentissage, de la volonté et du courage, par l’élégance du geste de la transmission et du partage. Et puis… écouter son cœur, sa voix intérieure… N’est-ce pas cette intelligence qui nous apporte amour, force, protection, confiance et bonheur ?