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Rouen – Bibliothèque de l’académie royale des sciences, belles-lettres et arts

Doc. 1. Jean-Baptiste Lallemand (1716 ?-1803 ?), Vue de la ville, du port et de la cathédrale de Rouen prise de l’autre côté de la rivière, dessin à la plume et encre brune, aquarelle, vers 1780, 20,8 × 35 cm
(BnF, département Estampes et Photographies, EST RÉSERVE VE-261 )

1. Contexte urbain

1.1. Un dynamisme raisonnable (1640-1790)

Les guerres de Religion marquées par deux terribles sièges (1562 et 1591-1592) et le massacre de la Saint-Barthélemy (1572), l’écrasement de la révolte antifiscale des Nu-Pieds (1639-1640), l’engagement infructueux du parlement de Normandie dans le camp de la Fronde (1648-1652) ont durablement brisé l’éclatante croissance rouennaise du « beau XVIe siècle », quand la ville était la deuxième plus peuplée du royaume. La population, qui a culminé en 1640 à près de 90 000 habitants entassés sur 170 hectares, ne retrouvera plus ce seuil jusqu’à la révolution industrielle.  Après 1652, et pour 140 ans, Rouen va rester tranquille, pour reprendre les mots de Jean-Pierre Chaline2, elle se contentera d’un « dynamisme raisonnable », pour reprendre ceux de Jean-Pierre Bardet3. Capitale provinciale, cité parlementaire avec tout le prestige d’offices recherchés, elle est de plus en plus sous l’autorité de l’intendant royal, les échevins et le maire, enfin rétabli en 1692, n’ayant que des attributions restreintes. La croissance démographique est lente (62 000 Rouennais en 1710, 67 000 en 1750, 73 000 en 1790) et rétrograde la ville à la 5e place de la hiérarchie urbaine à la fin du XVIIIsiècle, alors que Lyon dépasse 120 000 habitants à la Révolution. La mortalité est très élevée – les épidémies de dysenterie, scarlatine et surtout après 1760 de variole se succèdent4 – et c’est seulement grâce à l’immigration de ruraux que la population croît (plus de la moitié des Rouennais décédés à l’hôtel-Dieu sont nés hors de la ville à la fin du XVIIIe siècle). Continuer la lecture de « Rouen – Bibliothèque de l’académie royale des sciences, belles-lettres et arts »

  1. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77407003 []
  2. Chaline 1990, p. 57. []
  3. Bardet 1979, p. 205. []
  4. On connaît, grâce aux relevés du médecin Lepecq de La Clôture la succession des épidémies à Rouen au XVIIIsiècle, la ville surpeuplée étant « un véritable marché commun des microbes et des virus » (Bardet 1979, p. 223). []