Cette notice sur la bibliothèque publique « du chapitre » d’Annecy fait en partie suite à celle consacrée à la bibliothèque « de la ville » d’Annecy. Comme nous l’avons précisé, il s’agit d’une commodité d’écriture car, s’il a bien deux fondations différentes dans la ville à la fin des années 1740, dans les faits, leurs collections sont immédiatement rassemblées et il n’y a donc qu’une seule bibliothèque ouverte au public annécien. On renvoie donc, pour la présentation du contexte urbain, à la précédente notice1.
Située jusqu’en 1860 dans le duché de Savoie, en dehors du royaume de France, Annecy est au XVIIIe siècle une petite ville à l’aspect médiéval, enserrée dans ses murailles et assez malpropre1. À cette époque, la ville ne montre plus le visage prospère qu’elle avait au début de l’époque classique. Sa population stagne à moins de 6000 habitants. Elle ne joue plus qu’un rôle politique mineur depuis la suppression, en 1659, de l’apanage de Genevois qui y avait son siège, ainsi que de celles, dans les mêmes années, du conseil présidial et de la chambre des comptes de Genevois. Annecy n’est plus que le chef-lieu de la province du Genevois, accueillant une judicature mage et, au XVIIIe siècle, un intendant. Alors qu’elle a constitué un important bastion catholique – elle accueille l’évêque de Genève après sa fuite de la ville de Calvin en 1569, François de Sales et Jeanne de Chantal y fondent en 1610 l’ordre de la Visitation et la ville ne compte pas moins d’une quinzaine de couvents en 1700 – la vie religieuse y connait un véritable reflux à partir des années 1730-1740. Le clergé régulier n’attire plus et les mœurs se relâchent. Le pèlerinage salésien lui-même s’affaisse. Enfin, la ville s’affaiblit aussi du point de vue économique : l’artisanat (coutellerie et moulinage de la soie notamment) s’effondre, les marchands ne conservent qu’un commerce très local, les classes aisées de la ville allant s’approvisionner directement à Genève. Annecy est d’ailleurs de moins en moins visitée par les voyageurs qui traversent la Savoie depuis Genève et en direction de Chambéry, ceux-ci préférant souvent la petite ville de Rumilly, plus directement sur leur route, à la Venise des Alpes.
Doc. 1 : « La plaisante ville et chasteau de Anissy en Savoie » [en ligne, p. 71 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55010081r/f267.item#]Continuer la lecture de « Annecy – Bibliothèque de la Ville »
Sur Annecy, voir Guichonnet 1987 ; Perrillat 2008 ; Nicolas 1978. [↩]