« L’échec » de la démocratisation
Baignés dans un bain consensuel (« l’échec » de la démocratisation) qui culpabilise les bibliothécaires et les pousse à la résignation tout à la fois, nous avons souhaité nous interroger sur
– La réalité des chiffres
– Le « modèle interprétatif pessimiste » (Christophe Evans)
– Les raisons de cette culpabilité/résignation
– La pérennité de la démocratisation comme objectif politique (et ses discours)
– Les politiques mises en œuvre sous le sceau de l’objectif de démocratisation
– L’impact de ces politiques
Un essai de périodisation nous amène à dater des années 1980 (du début des années 1980) l’émergence de ce dispositif systémique (projet politique, modèle interprétatif et cadre d’action). Voir : Chronologie 1979-2001, tableau réalisé par Christophe Evans (rubrique « Documents associés »)
Quelques indices :
Jean-Claude Passeron. « Il est vain de croire que l’augmentation de l’offre de la lecture en bibliothèque produira mécaniquement, en même temps que l’augmentation globale de l’intensité de lecture, l’augmentation de la part des forts lecteurs dans les classes populaires. Par ses techniques d’offre comme par les ouvrages qu’elle offre, la bibliothèque correspond d’abord aux attentes et aux pratiques culturelles des classes moyennes. »
« Figures et constestations de la culture », Le Raisonnement sociologique, Nathan, 1991.
ABF, Le métier de bibliothécaire, 1988 : « Pendant longtemps, on a cru que la simple ouverture de bibliothèques suffirait à gagner de nouveaux lecteurs, que la gratuité du livre en assurerait la démocratisation, et qu’ainsi viendraient progressivement à la lecture des individus et des couches sociales qui auparavant ne lisaient pas. À l’usage, il n’en est rien […]. Les travaux de J.C. Passeron, ceux de J.F. Barbier-Bouvet et de M. Poulain sont là pour rappeler que par ses techniques d’offre comme par ses contenus offerts, la bibliothèque correspond surtout aux attentes et aux pratiques culturelles des classes moyennes. »
(Clin d’œil) Frédéric Mitterrand, Le Figaro, 30-06-2013.
« La démocratisation, c’est le serpent de mer du ministère, cela tient de l’incantation. »
Beaucoup d’analyses. Voir : Eléments de bibliographie (rubrique Références »)