Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin, qui se répandit à l’été 1792 par l’intermédiaire des fédérés marseillais se rendant à Paris avant la prise des Tuileries le 10 août, a semble-t-il une histoire bien connue. Oeuvre de Rouget de Lisle, elle aurait été interprétée pour la première fois chez De Dietrich, le maire de Strasbourg, le 25 avril 1792, une légende qui a depuis longtemps du plomb dans l’aile et qui, dès l’origine, n’a pas semblé convaincre grand monde.
Rouget de Lisle ou l’annonce d’une collusion anglo-autrichienne
En effet, personne n’a vraiment cru au fait que Rouget de Lisle était le compositeur de la musique, en dépit de ce qu’essayait de faire croire Louise, la femme du maire de Strasbourg. Elle aurait ainsi écrit à son frère, Peter Ochs : “Le capitaine du génie Rouget de Lisle, un poète et compositeur fort aimable, a rapidement fait la musique du chant de guerre. Mon mari qui est un bon ténor a chanté le morceau qui est fort entraînant et d’une certaine originalité. C’est du Glück en mieux, plus vif et plus alerte.1“
On ne remarque pas assez qu’elle fait une observation très singulière : “C’est du Glück en mieux, plus vif et plus alerte”. Quelle drôle d’idée que d’aller chercher l’inspiration chez un compositeur autrichien, qui avait été l’un des garants de l’alliance franco-autrichienne, pour un chant de guerre destiné à aller combattre… les Autrichiens ! A moins, bien sûr, que l’on veuille sous-entendre par-là que la victoire était déjà acquise aux Autrichiens, qui auraient ainsi pu consolider leur emprise sur la France, trop mise en péril depuis 1789 : “du Glück en mieux”, c’est-à-dire en plus efficace. Et c’est sans doute ce qu’elle voulait dire puisque l’on a déjà vu que, en laissant les Girondins, se faisant passer pour des agents anglais, déclarer la guerre, on faisait passer l’idée qu’ils y allaient pour faire perdre la France révolutionnaire contre l’Autriche. Au demeurant, le choix de Rouget de Lisle comme auteur était déjà un programme en soi puisqu’il affichait la collusion des Habsbourg et de l’Angleterre : Rouget (le rouge anglais) étant de Lille (l’ancienne ville Habsbourg). On a déjà vu qu’on avait employé le nom de l’abbé Delisle pour le même usage.
Enfin, le chant était dédié à un autre étranger, le maréchal Luckner, bavarois et commandant de l’armée du Rhin, sur lequel on aurait beau jeu de faire retomber la responsabilité de la défaite. L’Autriche avait tendance à trouver la Bavière un peu trop retorse à son goût, surtout depuis la guerre de Succession de Bavière de 1778-1779. Bref, à première vue, La Marseillaise apparaît comme le chant couvrant une coalition de contre-révolutionnaires, s’unissant en se parant des oripeaux de la Révolution, pour conduire la France à la défaite. Et c’est aussi ce que confirment les paroles.
Des paroles de plagiaires maladroits
Cela a souvent été noté, les paroles de La Marseillaise semblent avant tout être un assemblage hétéroclite de divers textes à connotation patriotique qui circulaient depuis la guerre de Sept Ans. En cela, elle reflète peu de créativité, un peu comme si elle avait été écrite par des étrangers qui parlaient mal le français et qui avaient cherché des expédients pour que ça ne se remarque pas trop.
On a par exemple mis en avant la proximité avec un placard issu de la Société des amis de la Constitution : “Aux armes citoyens, l’étendard de la guerre est déployé, le signal est donné. Il faut combattre, vaincre ou mourir. Aux armes citoyens… Marchons2.”
Edmond Dziembowski a souligné l’analogie avec des vers de Ponce-Denis Écouchard Le Brun :
“Français, ressaisissez le char de la victoire
Aux armes, Citoyens ! Il faut tenter le sort
Il n’est que deux sentiers dans les champs de la gloire :
Le triomphe ou la mort. […]
L’entendez-vous gémir, cette auguste Patrie ?
Elle vous tend les bras, et ses yeux sont en pleurs.
Ses lauriers sont épars ; sa guirlande flétrie
Implore des vengeurs3.”
On peut noter quelques particularités. Dans le premier couplet, “l’étendard sanglant” rappelle “l’étendard de la guerre est déployé” des Amis de la Constitution, mais s’il est sanglant, c’est peut-être aussi parce qu’on a voulu faire coïncider la légende de l’écriture de La Marseillaise avec la première utilisation de la guillotine, également le 25 avril 1792. De la même manière, les “féroces soldats” mugissent, comme les bovidés, ce qui rappelle John Bull, le taureau anglais. Encore une fois, les Anglais se cachent derrière les Autrichiens. Le texte est parcouru de moqueries à l’endroit de Louis XVI qui, en tant que Dauphin labourant, est celui qui trace les sillons qu’il faut abreuver de sang impur.
On lit dans le couplet 5 :
“Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !”
Bouillé soutenait le roi et les tigres surgissent dans la campagne française pour déchirer le sein de leur mère parce qu’ils renvoient au tigre de Bacchus et à la correspondance amoureuse de Louis XVI, qui ne cesse d’y évoquer l’ivresse que lui provoque sa maîtresse, dont il vénère la poitrine et qu’il appelle maman 4.
Dans le couplet 6 :
“Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,”
La liberté, qui est féminine, à de “mâles accents”. La liberté devient un homme pour répondre à la caricature anglaise qui représentait Louis XVI en femme.
Il pourrait s’agir d’un clin d’œil à cette caricature anglaise : Imperial Salute : or invitation to peace rejected qui date du 16 mai 1792, anniversaire de la date du mariage de Louis XVI.

Le titre fait référence au projet impérial de Louis XVI et laisse entendre que celui-ci consiste surtout à demander à l’Europe de s’incliner devant la Liberté, incarnée par sa maîtresse, vêtue de bleu protestant, et faisant tomber sa couronne royale. Si Louis XVI est une femme, c’est probablement qu’il a trouvé chez elle ce qui lui manquait et qu’elle est un homme. Selon l’expression “Baise mon cul, la paix sera faite.”, George III lui embrasse le fessier, tandis que le roi de Bohême et de Hongrie, suite à la déclaration de guerre, veut l’attaquer au canon et que Catherine II accoure pour lui botter les fesses.
Dans le couplet 2, comme souvent dans La Marseillaise, le texte n’est pas très logique : nous sommes face à des esclaves (“Que veut cette horde d’esclaves, /De traîtres, de rois conjurés ?”) qui ne veulent pas se libérer mais en réduire d’autres en esclavage (“C’est nous qu’on ose méditer/De rendre à l’antique esclavage.”). Cet esclavage est peut-être “antique” en référence à celui pratiqué à Sparte, qui était un modèle politique pour Louis XVI pour son égalitarisme (Il reprochait à son cousin d’être trop athénien.). Le couplet fait surtout penser au fait que Louis XVI, tout en se sentant esclave de la royauté (on en trouve une trace dans la chaîne d’Anckarström), ne voulait pas abolir l’esclavage parce qu’il préférait favoriser des révoltes d’esclaves. Et on lui avait aussi reproché de traiter sa maitresse en esclave, parce qu’il passait un peu légèrement sur le consentement. Et les vers “Pour qui ces ignobles entraves,/Ces fers dès longtemps préparés ?” rappellent la caricature sur laquelle il dit : “Je suis serrurier pour mieux river vos fers.”.
On peut enfin évoquer les “projets parricides” du couplet 4 qui, encore une fois, n’ont aucun sens. En quoi des “tyrans” attaquant l’armée française seraient-ils parricides ? L’usage de l’adjectif ne s’explique que par rapport à la polémique sur l’assassinat de Louis XV par Louis XVI. Louis XVI se présente comme un tueur de tyrans par rapport à Louis XV, mais il agit lui-même en tyran par rapport à son peuple, pour le pousser à la révolution.
Par conséquent, l’aspect apparemment décousu et absurde de La Marseillaise peut laisser penser que son auteur ne maîtrise pas bien le français, parce que ce n’est pas sa langue maternelle (mais le comte de Provence reprochait aussi à son frère aîné de mal maîtriser sa langue et de mal versifier), mais en réalité, ces incohérences qui passent pour maladresses sont pleines de sens.
Grétry, compositeur de La Marseillaise
Mais si Rouget de Lisle n’a pas composé La Marseillaise, qui l’a fait ? On a très tôt soupçonné André Grétry qui, comme je l’explique dans L’Intrigant, était devenu le protégé de Louis XVI plus que de Marie-Antoinette5. Bien sûr, Grétry dément vigoureusement parce que l’objectif est de laisser penser que La Marseillaise provient des Anglais et des Autrichiens.
En 1797, dans ses Mémoires ou essais sur la musique, il tentait encore de noyer le poisson : “On a attribué l’air des Marseillais à moi et à tous ceux qui y ont fait quelque accompagnement ; l’auteur de cet air est le même que celui des paroles, c’est le citoyen Rouget de Lisle. Il m’envoya son hymne Allons enfants de la patrie, de Strasbourg, où il était alors, six mois avant qu’il fut connu à Paris ; j’en fis, d’après l’invitation de l’auteur, tirer plusieurs copies que je distribuai.”
Cela devait paraître un peu suspect qu’il se charge avec autant d’empressement de distribuer un air dont il n’était pas l’auteur. Il s’était aussi amusé à déclarer : “l’air des Marseillais a été composé par un amateur qui n’a que du goût et ignore les accords.6“
Le 4 novembre 1792, il confirmait d’ailleurs qu’il savait bien que Rouget de Lisle n’était pas le compositeur, mais il continuait à blaguer, comme l’avait fait la femme du maire de Strasbourg, en lui écrivant : “Vous ne m’avez pas dit le nom du musicien, est-ce Edelmann ?7.” Edelmann était un ami et admirateur de Glück, Grétry entretenait donc la fiction d’une origine autrichienne.
Grétry n’ignorait pas que l’on savait que c’était lui l’auteur, et il en jouait tout en continuant à entretenir le pieux mensonge pour les besoins de la politique du roi. En fait, si on le soupçonnait si fortement, c’est parce qu’il connaissait très bien Rouget de Lisle et était en étroite relation avec lui puisque ce dernier avait co-écrit le livret de son opéra-comique Cécile et Ermancé ou Les deux couvents, représenté pour la première fois le 16 janvier 1792.
L’ombre de la Société anacréontique
La question qui se pose c’est : pourquoi avoir décidé de faire naître La Marseillaise à Strasbourg ? Je pense que cela peut s’expliquer en rapport avec le dauphin, père de Louis XVI. Strasbourg étant la plus importante ville protestante de France, c’est là qu’avait été célébré un service funèbre en mémoire du dauphin, pour rappeler sa proximité avec les protestants. C’est également à Strasbourg que l’on trouvait le mausolée du maréchal de Saxe, alter ego protestant du dauphin.
Mais en replaçant le dauphin aux origines de La Marseillaise se profile également l’ombre de la Société anacréontique. En effet, on a vu que le dauphin avait été comparé au poète grec Anacréon, à la fois par dérision mais surtout pour dire ce qu’il avait réellement été alors que, après sa mort, une offensive catholique et conservatrice avait fait main basse sur sa mémoire. Or, c’est en 1766, donc juste après sa mort, qu’a été fondée à Londres la Société anacréontique8 dont les membres se réunissaient, dans l’esprit d’Anacréon, pour composer des chansons à boire célébrant l’amour.
Les réunions s’ouvraient par une chanson qui plaçait les activités de la société sous les auspices d'”Anacréon au ciel” et celui-ci conjurait le “violon et la flûte” de s’activer. La référence au violon, qui n’était pas très grecque, ne pouvait s’expliquer que par rapport au dauphin puisqu’il était violoniste 9.
D’autre part, le 20 avril 1789, une gravure du comédien et chanteur Charles Bannister était parue à Londres avec une dédicace à la Société anacréontique suivie de ces mots : “Painted by M Brown”, “Engraved by J R Smith, Mezzotinto Engraver/to his Royal Highness the Prince of Wales/& his Serene Highns. the Duke of Orleans.” De ce fait, la Société anacréontique se trouvait être reliée au prince de Galles et au duc d’Orléans. C’est exactement ce dont Louis XVI avait besoin en 1792 pour faire attribuer La Marseillaise à un cercle proche de son cousin et du prince de Galles.
Et c’est vraisemblablement par l’intermédiaire de cette attribution volontaire, mais occulte, de La Marseillaise à la Société anacréontique que l’hymne américain, The Star-Spangled Banner, a lui-même repris l’air de la chanson anacréontique, s’inscrivant ainsi dans un héritage bourbonien qui ne peut s’afficher ouvertement, avec des paroles célébrant en outre la défense d’un fort McHenry (Henri IV) écrites par un certain Francis Scott Key, qui invite à chercher la clé de l’hymne tout en rappelant le roi serrurier.
Mais pourquoi La Marseillaise ?
Si on tient à la fiction selon laquelle La Marseillaise a été écrite à Strasbourg, pourquoi donc s’appelle-t-elle La Marseillaise ? D’autant que dans le Sud, c’est immédiatement sous ce nom qu’elle est connue. En effet, un journal manuscrit rapporte, à la date du 17 juin 1792, ceci :
“[À Montpellier] On célèbre au Champ de Mars une fête funèbre en l’honneur du Maire d’Étampes, assassiné dans une émeute populaire à raison de la taxe des grains. Discours du Maire. Absoute faite auprès de la Colonne par M. Pouderous & chant de la Marseillaise.10“
Ce qui est intéressant, c’est la date : le 17 juin, c’est l’anniversaire de Françoise Boze, la maîtresse de Louis XVI. Et c’est ici qu’il faut reprendre le fil de la trame anglaise élaborée par Louis XVI pour la Révolution en 1792. Dans ce billet, j’expliquais que dans la caricature Au roi dépouillé, sur l’arrivée de la famille royale au Temple le 13 août 1792, on pouvait lire une vengeance de Joseph Boze contre Louis XVI, par rapport à sa femme, qui était devenue la maitresse du roi. On pouvait notamment y voir une allusion à la première mission que Joseph avait menée pour le roi en 1778 : organiser la faillite d’une manufacture d’acier. Or, juste auparavant, le couple Boze était allé récupéré ses instructions à Montpellier11. Avec cette Marseillaise de Montpellier, le jour de l’anniversaire de Françoise, on se rend compte que Joseph égrenait progressivement tout le fil de sa relation avec Louis XVI en faisant mine de le trahir. L’idée c’était bien évidemment de faire penser que c’était lui qui avait introduit cette Marseillaise anglo-autrichienne, qui se moquait de l’intimité de Louis XVI, à Montpellier. Joseph n’aurait donc pas fait que jouer les cicérones pour les Marseillais aux Tuileries, il aurait organisé leur venue et leur aurait fourni une bande son.
Conclusion
Qu’en conclure ? Eh bien que si La Marseillaise n’a été écrite ni à Strasbourg ni à Montpellier, elle a été écrite aux Tuileries pour préparer… la prise des Tuileries. En 1792, les Anglais n’avaient pas encore pris le contrôle de la Révolution. C’est Louis XVI qui voulait le faire croire, c’est Louis XVI qui avait besoin de La Marseillaise. Et par conséquent, on ne peut en déduire qu’une chose : La Marseillaise est une pochade de Louis XVI composée avec le Liégeois Grétry, le musicien avec lequel il travaillait habituellement.
- Lettre citée dans Claude Betzinger, « La Marseillaise, de Strasbourg à Paris, via Montpellier et Marseille », Revue d’Alsace [En ligne], 148 | 2022, mis en ligne le 01 décembre 2023, consulté le 07 mars 2026. URL : http://journals.openedition.org/alsace/5476 ; DOI : https://doi.org/10.4000/alsace.5476 [↩]
- Julien Thiersot, Rouget de Lisle, son oeuvre, sa vie, C. Delagrave, 1892, p. 80. [↩]
- Cité par Edmond Dziembowski, La guerre de Sept Ans, 1756-1763, Paris, Perrin, 2015, p. 574. [↩]
- Voir les lettres dans BNF Mss NAF 6574 : “Que je paye bien cher la douce ivresse dont mon âme a été pénétrée.”, lettre datée du 24 juillet à 8h du soir, f° 110-113 ou “mes sens étaient dans la plus douce et la plus délicieuse ivresse.”, lettre datée lundi à 2h du matin, f° 133-134, “Ce n’est pas dans le moment du délicieux délire et de la douce ivresse que tu me causes que je goûte le plus mon bonheur, c’est lorsque reposant sur ton sein, sur ces deux jolis globes que je baise toujours avec un plaisir nouveau, que mon cœur, mon tendre cœur qui ne respire et ne bat que par toi, oh, c’est alors, oh ma vie, que je sens l’attrait de la volupté,”, f° 137-138, “va maman, tu es une bien sensuelle femme”, lettre du 9 août 1780, f° 120-121. [↩]
- Aurore Chéry, L’Intrigant, Flammarion, 2020, p. 324-325 [↩]
- André Modeste Grétry, Mémoires ou essais sur la musique, Paris, 1797, t. III, p. 13. [↩]
- Voir François Chailley, La Marseillaise. Étude critique sur ses origines. In: Annales historiques de la Révolution française, n°161, 1960. Hommage à Gaston-Martin. pp. 266-293. DOI : https://doi.org/10.3406/ahrf.1960.4923
- “History of the Anacreontic Society”, in Nichols, John (1780). “The Gentleman’s Magazine And Historical Chronicle, for May 1780”. Gentleman’s Magazine and Historical Chronicle. London: D. Henry: 224–225. [↩]
- Ibid. pour les paroles de la chanson. [↩]
- Voir Claude Betzinger, art. cit. [↩]
- Voir L’Intrigant, op. cit., p. 202. [↩]
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Aurore Chéry (7 mars 2026). Faut-il prendre La Marseillaise au sérieux ? Notre hymne national est une pochade de Louis XVI. À travers champs. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15tv8