Le pamphlet des Thermopyles de 1791 : le scénario catastrophe d’une guerre programmée
A la fin de l’année 1791, on publia anonymement une pièce de théâtre intitulée Les Thermopyles que le Mercure français attribua au comte d’Estaing1. Elle était sous-titrée “Tragédie de circonstance”, mais quelle était la circonstance ? C’est ce que nous allons essayer de déterminer.
Tout d’abord, la page de titre présente la pièce comme un pamphlet “à deux sols”, ce qui est très bon marché, et elle doit s’accompagner d’une “musique en pot-pourri”. Ce n’est guère engageant et la suite ne vaut pas mieux puisqu’un avertissement indique également “qu’elle n’est point destinée pour le théâtre”, “qu’elle ne mérite pas l’honneur d’être jouée” et “qu’elle doit paraître indigne d’être lue.” (p. 5.). On comprend par là que l’auteur veut prévenir de ce qui est en train de se préparer, pour l’empêcher d’arriver, parce que ce serait l’équivalent des Thermopyles pour la France. La note sur le costume du Spartiate, qui suit et qui est tirée du Voyage du jeune Anacharsis, nous donne quelques indices. On y apprend que l’arme favorite du fantassin est la pique plutôt que l’épée et que le soldat est revêtu d’une casaque rouge. Les Spartiates se retrouvent ainsi déguisés en Anglais, avec le rouge anglais (ce qui n’est pas sans rappeler l’épisode de Du Guesclin à Niort) et en bâtard à travers la pique, qui succédait à la haste de la bâtardise de l’iconographie orléaniste. Ce sont donc des bâtards anglais, des Anglais qui s’ignorent. Or on va voir que ces Spartiates désignent les Français dans la pièce.
Il est aussi question du roi qui “immole une chèvre” le jour du combat, au son de l’air de Castor. Cela fait penser à Louis XVI transformant la chèvre Amalthée de la laiterie de Rambouillet qui était associée à sa maîtresse en “bouc de la lubricité”, associé à Marie-Antoinette dans le frontispice des Crimes des reines de France, également publié en 1791. Quant à Castor, il était également assimilé à Louis XVI tandis que David était Pollux (p. 11-12.).
L’idée avait pu naître des suites de L’Education de Henri IV, ouvrage dans lequel on a vu que le duc d’Orléans reprochait à Louis XVI de ne parler que de Sparte tout en rêvant d’être roi de Perse. L’attribution de l’œuvre à d’Estaing pouvait s’expliquer quant à elle par plusieurs choses : montrer que la guerre relevait avant tout du théâtre _ en Angleterre, le général Burgoyne écrivait également des pièces de théâtre _ et se demander qui laissait vraiment gagner les Anglais. C’est en effet ce qu’on avait reproché à d’Estaing lors de la prise de la Grenade.
La pièce s’ouvre par un prologue dans lequel la scène est couverte de nuages, signe d’enfumage. Ils se dissipent et laissent apparaître : “le drapeau national {qui] brille au milieu des nuages, dans un soleil en forme de gloire” (p. 15.). Le drapeau national est donc lié à l’emblème de Louis XIV.
Au début de la pièce, les Perses, qui représentent les Anglais, veulent proposer une solution pacifique aux Grecs. Ils leur proposent ni plus ni moins de les annexer. C’est un certain Bagoas, eunuque ambassadeur de Xerxès, qui s’exprime en empruntant ses phrases à Edmund Burke (p. 19.), qui leur fait cette proposition. Mais comme les Anglais aiment inverser les situations, Bagoas ne le présente pas sous cette forme et dit : “Au nom du roi des rois, j’invite ici la Grèce, /Sans répandre le sang, à conquérir la Perse (p. 31.).”
Bagoas représente les aristocrates catholiques, Xerxès faisant figure de tyran idéal du despotisme oriental. Évidemment ce n’était pas flatter les Anglais, qui voulaient se présenter en champions de la démocratie et de la liberté, que de les associer au despotisme oriental.
Léonidas, le roi de Sparte, ne veut pas suivre la proposition de Bagoas, mais pour le subvertir, il lui envoie Mégabise, la sœur de Xerxès dont il était tombé amoureux au cours d’un voyage en Perse. Mégabise est une autre incarnation du despotisme oriental. Mais là encore, Léonidas veut se soumettre aux lois de Sparte qui interdisent d’épouser des étrangères et il renonce à épouser Mégabise. Si Louis XVI se comparaît à Agis, comme on l’a vu, autre roi de Sparte mort pour avoir voulu réhabiliter les lois de Lycurgue, on peut reconnaître David dans ce Léonidas. L’Angleterre s’efforçait de le subvertir à travers le duc d’Orléans et à la faveur de son rapprochement avec Catherine II, qui soutenait David pour ennuyer Louis XVI.
De Néoclès aux faux patriotes : la mise en cause de Provence et la machination de Saint-Domingue
Un autre grec, Néoclès, le chef des Phocéens, se montre plus ouvert que Léonidas (p. 38.). Il aimerait devenir roi des Phocéens et épouser Mégabise, les Perses flattent également ses ambitions. On peut reconnaître le comte de Provence derrière ce Néoclès. Les Phocéens, ancêtres des Marseillais, sont une représentation des catholiques, Marseille incarnant le bastion catholique qui avait résisté à Henri IV. Cependant, Bagoas montre qu’on se joue de lui :
“Ce hardi Néoclès croit qu’on fait tout pour lui,
Qu’on prodigue aisément et les dons et l’appui,
Frivole, ambitieux, il connaît mal les hommes ;
Ce que nous paraissons, il croit que nous le sommes.
Sans principe et sans force, ardent, superficiel,
Il achète ou se vend, sans être criminel :
Il est républicain, il veut un diadème.
Il perdra son pays, sans se servir lui-même.
Par mon impulsion, il détruira leurs lois,
Et prétend épouser la sœur du roi de rois (p. 68.).”
Il y a aussi tout un débat parallèle sur l’esclavage qui faisait vraisemblablement écho à la révolte de Saint-Domingue du mois d’août. L’objectif était apparemment de laisser penser que les Anglais en étaient à l’origine. Léonidas décide en effet d’affranchir les hilotes et de racheter leur liberté : “Car le premier des droits est la propriété (p. 74.).” Ce Léonidas était bien gênant pour les Perses parce qu’ils soudoyaient pour leur part l’hilote Epialtès sur lequel ils craignent de moins pouvoir compter s’il est affranchi (p. 77.). Pour les Anglais, si David se présentait comme un Spartiate ne niant pas le droit de propriété, c’était gênant aussi. Cela leur ôtait un puissant moyen de le discréditer. L’objectif de la pièce était aussi d’en finir avec les caricatures : s’inspirer de Sparte ne signifiait pas reconstituer Sparte. Sparte était un modèle s’articulant avec d’autres : la Pologne, l’empire romain, la Suisse… On lit ainsi dans l’épilogue : “Nous serons des Lacédémoniens en lois, en gouvernement, à la guerre ; et nous serons Athéniens en commerce, en navigation, en colonies, et sur nos théâtres (p. 129.).” Ca n’était certainement pas entièrement vrai, surtout par rapport aux colonies mais, encore une fois, on voulait laisser penser que les Anglais étaient à l’origine de la révolte de Saint-Domingue. Le but était surtout de rassembler et de montrer qu’on caricaturait volontairement les ambitions de la Révolution.
La Prusse et l’Autriche ne sont pas oubliées par la pièce mais elles jouent un rôle très secondaire. Il en est manifestement question dans la réplique de Léonidas qui évoque Gélon, pour le roi de Prusse, et Alexandre pour l’empereur :
“Le despote arrogant qui règne à Syracuse,
Qui voulait commander, et dont l’adresse abuse,
Ce Gélon, ami faux du plus heureux parti ;
Le Macédonien encor plus perverti,
Le perfide Alexandre, en offrant sa phalange,
Qui divise et menace, et nous flatte, et se venge,
Sont ceux sur qui Xercès peut vouloir dominer :
La Grèce sans regret doit les abandonner (p. 86.).”
Néoclès, se rendant compte qu’il a été trahi, nous donne aussi un indice sur la personne à laquelle on a voulu faire attribuer La Marseillaise. Il dit en effet :
“Si, par son sang impur répandu goutte à goutte,
L’infâme Bagoas me rendait mon honneur (p. 104.).”
On voulait manifestement faire passer Néoclès/Provence, qui voulait être roi des Phocéens, pour le véritable auteur.
La pièce se clôt naturellement par le sacrifice des Spartiates, et sur Léonidas mourant “vainqueur du despotisme (p. 143.), mais l’auteur interroge le fait qu’il s’agisse d’un sacrifice volontaire et fait soupçonner que l’on a plutôt intentionnellement sacrifié les Spartiates, ce qui serait également le but de l’Angleterre avec les révolutionnaires français. L’épilogue donne ainsi une genèse de la pièce qui la rattache au patriotisme exprimé par des colons de Saint-Domingue s’enthousiasmant pour une représentation du Siège de Calais, soit une pièce qui qualifiait d’acte patriotique le fait de se vendre aux Anglais (p. 124-125.). On lit aussi : “On voit bien que l’auteur veut rappeler qu’Athènes ne fournit pas son contingent aux Thermopyles (p. 128.).” Bref, les Athéniens ont lâché les Spartiates et les ont laissés être sacrifiés. On comprend de tout cela que ce que redoutait l’auteur, c’est que ceux qui étaient partisans de la paix en se vendant à l’Angleterre n’engagent volontairement les révolutionnaires dans une voie qui les conduirait au sacrifice. Ses craintes semblent s’être réalisées avec la déclaration de guerre du 20 avril 1792, qui entraîna la France dans une succession de défaites jusqu’à Valmy. Dumouriez évoqua d’ailleurs cette période comme “les Thermopyles de la France” dans un discours d’octobre 17922.
Le Mercure français, publication pro-autrichienne, publia une longue critique ironique de la pièce dans son numéro du 24 mars 17923. A vrai dire, on y trouve surtout des digressions sur la folie, comme si la pièce en était une émanation faisant écho à la folie de Louis XVI, et sur les bienfaits de l’abdication, message que l’on suppose toujours être adressé au roi. En fait, après la mort de Léopold II, il semble surtout que l’Autriche cherchait à montrer que son successeur s’était rallié à l’Angleterre. Elle voulait discréditer la “folie” du plan des Thermopyles parce que c’est précisément le plan qu’elle voulait réaliser, en partenariat avec l’Angleterre et les Girondins qui se faisaient passer pour des agents anglais, à travers la guerre contre la France.
Le Léonidas de David en 1814 : la grande orgie masculine et la parodie des Horaces
La pièce éclaire naturellement aussi le tableau de David, Léonidas aux Thermopyles, réalisé en 1814. Il n’y est nullement question de Napoléon, comme on le croit généralement, mais à nouveau d’une rivalité entre David et le comte de Provence.

La presse s’était d’ailleurs efforcée de mettre en évidence le fait que, derrière Léonidas, il fallait deviner David.
On lisait en effet cette anecdote dans L’Orateur du peuple :
“David ayant conçu le plan d’une tragédie en vers du temps de Robespierre, on lui conseilla, vu son peu d’habitude de versifier, de livrer la partie du style à un poète. Cette tragédie était intitulée : Les Thermopyles. David ne put pas s’entendre avec le poète, et la tragédie en resta là4.”
Le journaliste fait semblant d’ignorer l’existence de la pièce de d’Estaing et situe le projet un peu plus tardivement, mais David avait bel et bien été associé aux Thermopyles dès 1791.
David exposa son Léonidas dans son atelier à partir du mois d’octobre 1814. Le Salon se tenait parallèlement et la presse rendait compte de son tableau en parlant du Salon mais en allant le voir dans son atelier, situé dans l’ancien collège de Cluny5. Il se retrouvait donc toujours dans des chapelles, passant de la chapelle des Feuillants pour le Serment du Jeu de Paume, à celle de Cluny pour Léonidas, ce qui rejoignait son autoportrait de 1794. David peignait dans une France occupée, il résistait, il ne voulait pas soutenir un roi porté sur le trône par la collaboration. David refusait de jouer la pièce de d’Estaing, conformément aux souhaits de ce dernier. Il ne se sacrifiait pas aux Thermopyles, il ne participait pas au Salon de la collaboration de Néoclès et il traitait à son tour les Thermopyles comme un spectacle, mais sur le mode comique cette fois.
Les références sont multiples dans le Léonidas et la première d’entre elles est le tableau du Testament de Louis XVI attribué à Danloux. Léonidas se retrouve devant la même situation que Louis XVI, face à la mort et, comme pour lui, il n’y a plus d’issu, ni à droite, ni à gauche. Il ne reste plus que le Ciel vers lequel il tourne ses regards, toujours comme Louis XVI. Il est assis sur une roche, symbole d’impuissance, sur laquelle le peintre a laissé sa signature : “L. David 1814″. La lettre posée au sol, aux pieds de Léonidas, vient remplacer le testament que le roi a abandonné. On y lit :”LEONIΔΑΣ ΑΝΑΧΣΑΝΔΡ[…] / ΒΑΣΙLΕVΣ / TAIΛΕΡΟΣΙΑΙ ΧΑΙΡΕI…” (“Léonidas, fils d’Anaxandrides, roi, à la Guéroussia, salut”).
A ses côtés se trouve Agis, son beau-frère, qui rappelle le roi Agis auquel s’identifiait Louis XVI. C’est donc un avatar de son demi-frère qui regarde David l’air de dire : “Nous voilà au même point”. Agis a laissé tomber la couronne de fleurs qu’il portait pendant le sacrifice. Le cercle est un symbole de la femme et les fleurs renvoient à la sexualité, c’est donc les femmes que les Spartiates ont sacrifiées. Dans la pièce de 1791, ce sont les tresses des combattants qui étaient déposées sur l’autel, symbole d’une relation à trois membres, elle condamnait l’adultère : tromper la France avec l’Angleterre. Chez David, c’est la femme qui disparaissait entièrement. La couronne jetée d’Agis représentait la négation de Françoise Boze par le comte de Provence. Cet effacement de la femme pouvait être mis en relation avec un autre texte de 1791 : Les Crimes des reines de France, un texte outrageusement misogyne qui visait à faire passer David pour aussi peu soumis à l’influence des femmes que pouvait le prétendre Provence, homosexuel.
Plus que d’un sacrifice, le tableau prend la forme d’une gigantesque orgie masculine se moquant de la monarchie homosexuelle de Louis XVIII qui prétendait incarner un retour à la morale. Léonidas tient fièrement, d’une part, la haste/pique de la bâtardise et une épée attestant de sa puissance sexuelle. Le Journal général de la France s’amusa du détail : “si quelques-uns de ces généreux Spartiates sont un peu nus, le plus grand nombre est vêtu… d’une épée. L’artiste a su tirer un parti étonnant de ce costume ; plusieurs jeunes gens ont été tellement frappés de ses avantages, qu’ils ont résolu de l’adopter comme habit de printemps ; quelques-uns mêmes sont sortis de l’atelier du peintre pour aller se faire prendre mesure chez l’armurier6.”
L’éviction des femmes à travers la mise à l’écart de la duchesse d’Angoulême, pour laquelle on avait songé à abroger la loi salique7, et l’effacement de Françoise Boze, concernait aussi David qui, en dépit de son statut d’aîné et son épée de Léonidas bien phallique était une nouvelle fois sacrifié pour le trône. Il se retrouvait dans la position de la duchesse de Chartres, avatar de la maîtresse du roi, dans le tableau attribué à Duplessis, autre inspiration manifeste du tableau. David était une nouvelle Ariane abandonnée au profit des bateaux perses qui constituent la ligne de fuite. Il ne se sacrifiait pas, on l’avait sacrifié, comme les Spartiates aux Thermopyles.
Si David/Léonidas est impuissant malgré ses attributs c’est que la grande majorité des Spartiates est tournée vers le passé, la gauche. Il ne peut compter que deux jeunes gens, qui s’élancent vers la droite, “courent et saisissent leurs armes suspendues à des branches d’arbres.” et sur “un aveugle, conduit par son esclave8“. Il rappelle Bélisaire, soit le dauphin, père de Louis XVI et David, tel que revu en version catholique par Marmontel. Il est prêt à lancer un javelot mais, ne voyant rien, il est incapable de viser juste. David fait ici écho à la moquerie qui avait été développée par Regnault à propos de Louis XVI et son père. Il reste un autre combattant allant du même côté, mais au lieu de s’apprêter à combattre, il rattache sa sandale et paraît vouloir aller au combat casqué d’une couronne de fleurs. Il fait penser à Mercure rattachant sa sandale et semble donc plus soucieux de faire du commerce que de faire la guerre.
Au-dessus de lui, un autre guerrier rappelant le Gladiateur Borghese, que l’on dit aussi être une représentation de Léonidas, s’élance sur la roche vers la roche couverte de mousse pour y graver, du pommeau de son épée : “ΟΧΣΗΝΑΛΛΕLLEINLAKEΔΑIMONIOIΣ/ HOTI TAIΔEKEIMEΘΑTOIΣ/ PEMAΣI PEIΘOMENOI”, (“Étranger, va dire aux Lacédémoniens que nous sommes morts ici en obéissant à leurs ordres.”). Au lieu d’utiliser son épée pour combattre, il en use à l’envers et pour écrire. Ce faisant, il donne son fessier à adorer aux quatre guerriers qui, en-dessous de lui, s’apprêtent à sacrifier leurs couronnes de fleurs sur l’autel d’Hercule. Ces quatre guerriers constituent une relecture humoristique du Serment des Horaces. qui mettait en scène Louis XVI, ses frères et leur père. Tournés vers le passé, ils sacrifient les femmes à un fessier masculin, le tout au nom d’Hercule. Ils sont quatre mais paraissent être trois puisque les deux du centre sont enlacés. L’un des deux, les yeux fermés, la tête plongée dans l’ombre et reposant sur l’épaule de son compagnon paraît presque mort. L’autre porte une couronne de fleurs, transformé en femme par ce geste, comme David l’avait été par la négation de ses droits au trône. On peut donc y voir une représentation de Louis XVI se reposant sur David, le retour de Castor et Pollux au-delà de la mort.
Tout le côté gauche représente donc le côté du père : l’inscription, la cassolette fumante rappellent la scène créée par David pour son Andromaque, ce père tué puis transformé en Bélisaire impuissant.
Le cheval de Troie impérial : la diversion de David et l’héritage caché de la Révolution
Toutefois, comme dans le Bonaparte au Grand Saint-Bernard, David procède à une diversion. Tandis que son Léonidas paraît désespéré et sans recours au milieu de cette équipe de pieds nickelés. des chevaux, symbolisation des femmes, et quelques personnages gravissent la montagne vers la droite. Ils rappellent les guerriers qui avançaient derrière Bonaparte au Grand Saint-Bernard. Parmi ces personnages, il y en a un vêtu de vert Empire et coiffé d’un bonnet bleu marial. A ses côtés, un personnage vêtu de brun autrichien porte une amphore sur la tête renvoyant à la matrice et donc à un héritier caché. David mettait en avant la défaite tonitruante et burlesque des Spartiates pour cacher une Révolution qui poursuivait son chemin en prenant les habits de la réaction et qui pouvait réserver des surprises.
- Mercure français, 24 mars 1792, p. 98-104. [↩]
- Discours prononcé par M. le général Dumouriez à la Convention nationale, le 12 octobre 1792… , imprimé par ordre de la Convention nationale, Imprimerie nationale, 1792, p. 2. [↩]
- Mercure français, 24 mars 1792, p. 98-104. [↩]
- L’Orateur du peuple n° 106, cité par Charles Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins, Paris, Plon, 1864-1872, t. III, p. 819. [↩]
- Voir le Journal de Paris, 16 octobre 1814, p. 2-3 et le Journal général de la France, 19 novembre 1814, p, 1-2. [↩]
- Journal général de la France, 4 décembre 1814, p. 2. [↩]
- Matthieu Mensch, « La reine est morte, vive Marie-Thérèse Charlotte de Bourbon ? Repenser la reine en France (1795-1825) », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles [En ligne], 28 | 2026, mis en ligne le 26 mars 2026, consulté le 30 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/crcv/44116 ; DOI : https://doi.org/10.4000/15ydq [↩]
- Explication du tableau des Thermopyles de M. David, Paris, 1814, p. 6, 8. [↩]
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Aurore Chéry (31 août 2026). L’illusion spartiate : de la pièce de d’Estaing au coup de force final de David. À travers champs. Consulté le 11 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16pcm