Face au Crime : l’archéologie forensique dans la Cité
Enquêtes criminelles, analyses d’experts, profilers… Autant de termes auxquels nous sommes confrontés à travers l’actualité, les romans ou encore les séries policières. Si les archéologues se font parfois auteur de romans thrillers (pour ne citer que la célèbre Fred Vargas), qu’en est-il lorsque l’analyse criminelle rencontre l’archéologie ?

Le cycle de conférence est de retour au Musée de l’Homme, là où il avait commencé en mai 2021. Cette fois-ci, elle a eu lieu le 15 juin 2023, dans l’auditorium Jean Rouch. Notre cycle vous propose de vous plonger dans un sujet à la fois intriguant et passionnant : l’archéologie forensique.
Cette conférence a été présentée par :
- Marie-Laure Brunel-Dupin : Lieutenant Colonel, Chef de la Division des Affaires Non Elucidées de la Gendarmerie Nationale (DIANE), du Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN).
- Patrice Georges-Zimmerman : Archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), Expert près de la cour d’appel de Toulouse et de la Cour pénale internationale et Collaborateur du Groupe de Recherche en Science Forensique (GRSF) de l’Université du Québec.
Depuis peu, la gendarmerie s’intéresse aux affaires non-élucidées à travers une structure dédiée : la DIANE ou Division des Affaires Non Elucidées de la Gendarmerie Nationale. Avec un œil neuf et grâce à des compétentes spécifiques, les affaires non élucidées correspondent à “étudier des procédures anciennes”, souvent complexes, et de mettre à profit les dernières avancées en termes d’analyse criminelle et de méthodologies scientifiques.
Cette unité est donc dédiée aux affaires non élucidées et collabore avec des experts issus de différentes spécialités pour approfondir son travail d’enquête : partenariats internationaux, analystes comportementales, criminologues, de nombreuses disciplines peuvent être mobilisées. Parmi ces spécialistes, les archéologues jouent un rôle majeur et nouveau. À l’instar des pays anglo-saxons notamment, ils interviennent sur le terrain où les faits se sont déroulés : sur les scènes de crime, que ce soient des crimes individuels ou crimes de masse, en terrain de guerre par exemple.
Loin de l’image d’Epinal de l’archéologue fantasmée dans le cinéma et la pop culture, l’archéo-anthropologue peut être appelé dans des affaires judiciaires anciennes et non-résolues, où le temps a fait son œuvre. Ces interventions sont évidemment différentes du quotidien de l’archéologue. Sujets délicats et humainement sensibles, l’expert devra mettre en place toutes ses compétences pour lire les traces dans le sol, afin d’apporter des éléments de réponses à l’enquête en cours.
Menée à deux voix, cette conférence propose de nous plonger au cœur d’une enquête immersive, comme si vous y étiez, autour d’un cas théorique scénarisé. Aux côtés de la lieutenante-colonelle Brunel-Dupin, Chef de la Division des Affaires Non Elucidées de la Gendarmerie Nationale (DIANE), interviendra Patrice Georges-Zimmermann, archéologue à l’Inrap, expert près de la Cour pénale internationale et collaborateur du GRSF de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
Tout en apportant leur éclairage sur les différentes étapes d’une enquête judiciaire, les deux intervenants nous emmènent dans une enquête fictive : celle de la disparition de Béatrice, petite fille de 10 ans, disparue le 6 juin 2008 dans la région de Cergy-Pontoise. L’histoire commence ainsi :
« Après quinze ans sans réponse, la disparition de Béatrice est sur le point de refaire parler d’elle. En effet, il y a quelques mois de cela un nouvel élan a été donné à cette affaire criminelle en la confiant entre les mains conjointes du pôle judiciaire de Nanterre et du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, la DIANE – la division des affaires non-élucidées – , représentée ici par le lieutenant-colonel, a reçu une commission rogatoire prenant ainsi la direction d’enquête de ce dossier… »
Pour connaître la suite de l’affaire, cliquez-ici :
Pour aller plus loin
Suggestions de lectures :
- Ducrettet F. et al., Organisation, méthodes et recherches en archéologie criminalistique à l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. A propos de 20 ans d’expérience, La revue de médecine légale, 2013
- Georges P., Ducrettet F., Nolot F., Richebe J., Schullar Y., Problématiques et règles d’emploi criminalistiques des engins de chantier pour la recherche de cadavres enfouis. L’expérience de l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, Revue internationale de Criminologie et de Police technique et scientifique, 3/1, 2012, p. 363-374
- Coulombeix A. et Georges P., Archéologie forensique : gendarmes et archéologues sur une scène de crime, Revue Archéologie, 2014, n°523
- Blau S., Ubelaker D.H., Handbook of Forensic Anthropology and Archaeology, Routledge, New York, 2009
- Ferllini R., Forensic Archaeology and Human Rights Violations, Charles C Thomas Pub Ltd, Springfield, 2007
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Sarah Bounoua (18 mars 2024). Face au Crime : l’archéologie forensique dans la Cité. Archéologie dans la Cité. Consulté le 20 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/14gwu



