Colloque international
« European Bronze Age networks – craftsmanship, creativity and productivity »
Colmar (France) – Freiburg im Breisgau (Allemagne)
du 16 au 18 juin 2027
Appel à communication / Call for papers
À l’heure d’une accélération exponentielle des échanges d’informations et de biens dans un monde globalisé, l’étude des réseaux à l’âge du Bronze offre un cadre privilégié pour interroger, dans la longue durée, les dynamiques de connectivité et d’interaction à large échelle. Les avancées récentes en Europe et en France, notamment à l’occasion de l’année « Âge du Bronze », ont permis de mieux saisir la place des échanges dans cette période particulièrement dynamique et innovante de la Protohistoire.
Le présent colloque se propose d’explorer les réseaux au travers des prismes de la recherche de qualité et d’excellence, perceptibles grâce à l’étude des produits et des productions. Cette recherche peut porter sur la technicité, l’efficacité, la complexité, la richesse et donc potentiellement le prestige de ces réalisations ou encore s’intéresser à la rationalisation des productions avec en corollaire la mise en place de normes. Il sera en réalité nécessaire d’interroger ce que recouvre cette notion de qualité pour les sociétés protohistoriques de l’âge du Bronze. Celle-ci peut en effet renvoyer à des performances techniques tout comme à la maîtrise des procédés de fabrication. Elle pourra aussi toucher aux questions de choix de matières premières spécifiques (locales, exogènes, rares, difficiles d’accès ou de transformation), à des critères esthétiques ou stylistiques partagés, ou encore à des valeurs symboliques, sociales et rituelles.
Le cadre chronologique couvrira l’ensemble de la période (2300–800 av. n. è.) sur une aire géographique large, de la Baltique à la Méditerranée et de la façade atlantique à la mer Noire. Les communications devront examiner dans quelle mesure cette recherche de qualité a pu motiver l’acquisition de ressources lointaines, favoriser l’innovation technique et la spécialisation artisanale, mais également en quoi elle a pu motiver des échanges et des mobilités de populations voire comment elle a pu contribuer à la mise en place de nouveaux modes d’organisation sociale. Réciproquement, il sera pertinent d’évaluer comment les réseaux d’échanges eux-mêmes ont produit, diffusé et stabilisé ces critères de qualité.
Au travers de sessions thématiques discutant de l’origine des matières premières, des objets d’exception, des productions céramiques et des modalités des dépôts d’objets métalliques, ce colloque abordera la recherche de qualité comme un processus dynamique intégrant ressources, techniques, savoir-faire, valeurs et stratégies sociales, en articulant approches matérielles et leurs lectures anthropologiques.
Pour faciliter les échanges et la diffusion des données scientifiques, toutes les présentations du colloque se feront en anglais, communications flash comprises. Toutes les contributions ouvriront droit à un texte imprimé dans les actes du colloque. Les communications seront présentées lors de trois sessions organisées sur deux sites distincts : Colmar (France) et Freiburg im Breisgau (Allemagne).
Trois sessions de communications sur deux sites :
Session 1 : Objets « remarquables » : Excellence technique et distinction stylistique (Colmar)
Mots clés : artisanat spécialisé, innovation, performance technique, objet de prestige, statut social, visibilité, transmission, matière première
Cette session se concentrera sur les objets dont la qualité technique et/ou stylistique apparaît remarquable au sein des productions de l’âge du Bronze, supports d’expression d’un haut niveau de maîtrise artisanale. L’analyse portera sur les chaînes opératoires complexes, ainsi que sur les critères permettant d’identifier l’excellence : matière première exogène, régularité morphologique, finesse d’exécution, standardisation ou, au contraire, singularité assumée.
La qualité sera également envisagée comme construction sociale. Certains objets exceptionnels interrogent la relation entre performance technique, visibilité sociale et affirmation du statut. L’objet « de qualité » est-il nécessairement rare ? Quelle place occupe-t-il au sein des réseaux d’interaction entre les communautés de l’âge du Bronze?
Cette session invite ainsi à réfléchir aux critères d’évaluation de la qualité dans les sociétés protohistoriques : normes internes aux communautés de pratique, reconnaissance interrégionale, ou encore capacité d’innovation formelle.
Session 2 : Les récipients en terre cuite : transmission technique et adaptabilité des pratiques (Colmar)
Mots clés : céramique, savoir-faire, transmission, innovation, conservatisme, fonctionnalité, marqueur culturel
Les récipients en terre cuite constituent un observatoire privilégié pour analyser la qualité dans des productions à la fois quotidiennes et spécialisées. Loin d’être de simples contenants, ces objets traduisent des choix techniques précis qui conditionnent leurs performances fonctionnelles et sont à l’inverse conditionnés par l’appartenance identitaire du potier ou de la potière et son environnement.
Cette session s’attachera à comprendre comment les savoir-faire se transmettent au sein des communautés et entre celles-ci, comment ils s’adaptent aux usages attendus en adéquation avec leur environnement et les ressources disponibles et dans quels contextes les marqueurs d’innovation apparaissent. Les réseaux d’apprentissage constituent les supports privilégiés de la transmission des savoir-faire. Comment sont-ils connectés aux mobilités des individus et des denrées ? La qualité d’un récipient doit-elle être entendue en termes de finesse, d’esthétique, de robustesse, d’efficacité thermique, d’étanchéité, ou de conformité à une norme sociale ?
Session 3 : Les dépôts de l’âge du Bronze : aspects quantitatifs et qualitatifs des objets métalliques accumulés (Freiburg im Breisgau)
Mots clés : dépôt, composition, métal, fragmentation, origine des matériaux
Pendant près de 1 500 ans, le bronze a été un matériau important de la Préhistoire européenne. En raison de la répartition inégale et ponctuelle des gisements de cuivre et d’étain, les populations s’impliquaient dans des réseaux d’échanges à longue distance. L’approvisionnement en cuivre, en étain et en bronze a fonctionné au fil des siècles sans crise notable et s’est étendu jusqu’aux régions les plus reculées.
Au cours de l’âge du Bronze, des dépôts accumulant des artefacts métalliques en cuivre, étain, bronze ou or, sont constitués dans toute l’Europe. En raison de la grande diversité des dépôts en termes de composition, de quantité et de qualité, ainsi que de leur fréquence variable dans le temps et l’espace, ils font l’objet de discussions controversées, qui portent le plus souvent sur les raisons économiques, religieuses, sociales ou historiques liées à leur enfouissement.
Au-delà de ces problématiques, les dépôts constituent une source importante pour la question de l’approvisionnement en ces matériaux très recherchés. Les fouilles systématiques, mais surtout l’intensification des activités des prospecteurs, ont conduit à une augmentation considérable du nombre de découvertes, parfois très bien documentées, qui n’est plus comparable à la situation d’il y a quelques décennies. À cela, s’ajoutent de nombreuses nouvelles méthodes d’analyse concernant l’origine et la composition des métaux utilisés, les alliages, les processus de fabrication et enfin les processus de fragmentation. Il en résulte une multitude de nouvelles données scientifiques qui permettent de réévaluer les pratiques de dépôt.
La session consistera à examiner les dépôts de différentes régions d’Europe (du Portugal à la Roumanie et des îles Britanniques à l’Italie) sous l’angle de leurs caractéristiques quantitatives et qualitatives. Cela inclut la composition, la taille, la répartition, la datation et la fréquence des dépôts, le type et la quantité de métal accumulé (cuivre, bronze, rarement ‘étain ou or), mais aussi les traces d’usure sur les bronzes, les techniques de fragmentation, les rapports de quantité et de poids entre les artefacts fragmentés et intacts, et enfin l’origine géographique de ceux-ci selon des critères métallurgiques et typologiques.
Indépendamment des motifs présumés de ces dépositions, la comparaison des paramètres de qualité et de quantité des objets métalliques de ces contextes permet de tirer des conclusions sur les réseaux d’approvisionnement en métal et d’échange de marchandises. Elle autorise également l’appréhension des traditions artisanales, techniques, stylistiques et esthétiques au sein d’une koinè fondée sur le bronze et ses propriétés, qui a marqué culturellement toute une époque de l’humanité.
Seules les sessions 1 et 2 sont ouvertes à l’appel à communication pour une présentation de 25 min suivie de 5 min d’échanges.
De courtes contributions « flash » donneront lieu à une présentation de 3 min, suivie de 2 min d’échanges.
Ces dernières porteront sur les thématiques retenues pour le colloque :
– actualités de la recherche sur des objets « remarquables », sur des techniques artisanales particulières et sur la standardisation des productions (site de Colmar) ;
– actualités de la recherche sur les dépôts de l’âge du Bronze (site de Freiburg im Breisgau).
Calendrier :
15 novembre 2026 : date limite de soumission des propositions de communication. Veuillez préciser le type (standard ou flash), le nom de la session, le titre de la proposition et fournir un résumé en anglais de 300 à 500 mots à envoyer à bronze2027[at]gmail.com
Toutes ces propositions seront expertisées avant acceptation par le Conseil scientifique.
1er février 2027 : Envoi des notifications par le comité scientifique
1er décembre 2027 : Date limite de remise des articles en vue de la publication des actes
Colloque co-organisé par l’APRAB et l’Université de Freiburg, sous le patronage des UMR 7044 et 6298 et avec le soutien de divers partenaires institutionnels, d’opérateurs de l’archéologie préventive et d’associations archéologiques (liste définitive à venir).
Comité d’organisation : Christoph Huth (Albert-Ludwigs-Universität Freiburg), Matthieu Michler, (Inrap, UMR 7044), Estelle Rault (Archéologie Alsace, UMR 7044), Pauline Hart (UMR 6566), Marie Philippe (Eveha, UMR 6298), Laurie Tremblay Cormier (Musée-Château d’Annecy, UMR 5638), Stefan Wirth (Université Bourgogne Europe, UMR 6298)
Comité scientifique : Claude Mordant (Université Bourgogne Europe, UMR 6298), Anne-Marie Adam (Université de Strasbourg, UMR 7044), Angélique Labrude, (SRA Grand Est site de Strasbourg, UMR 7044), Rebecca Peake (Inrap, UMR 6298), Christophe Croutsch (Archéologie Alsace, UMR 7044), Thierry Logel (Eveha, Albert-Ludwigs-Universität Freiburg), Martin Bartelheim (Eberhard-Karls-Universität Tübingen), Dirk Brandherm (Queen’s University Belfast), Elisabetta Borgna (Università degli Studi di Udine), Peter Turk (Narodni muzej Slovenije).
Liens pdf : Appel à communication / Call for papers





