Historia latericia (l’histoire romaine en briques)
Le projet Historia Latericia est un projet mené dans le cadre de l’UE405 – Médiation des savoirs scientifiques de la licence d’Histoire (UFR SHS Nancy). Il vise à utiliser le support des briques de type Lego® pour élaborer et tourner un court-métrage d’animation selon la technique du stop-motion. L’objectif est d’apprendre à diffuser le savoir historique. La première session (2024/2025) de ce cours vient d’aboutir à la production de deux courts métrages diffusés sur la plateforme vidéo de l’Université de Lorraine. Deux groupes d’étudiant•es ont élaboré successivement un argument scientifique, un synopsis, un storyboard détaillé, imaginé et construit des décors de la Rome ancienne et filmé selon la technique du stop-motion pour de façon à réaliser deux scènes historiques (l’une expliquant les proscriptions syllaniennes et l’autre mettant en scène la mort de Pline l’Ancien lors de l’éruption du Vésuve). Les deux projets peuvent être vus sur le serveur vidéo de l’Université de Lorraine. Le projet « Proscription » : Le projet « Pompéi » :
Gérer un projet
L’aventure a commencé par l’élaboration d’un plan de travail qui s’appuie sur les techniques de gestion de projet. Il a fallu réfléchir à l’ensemble des tâches à accomplir pour réaliser un tel film d’animation, les moyens à rassembler et les difficultés techniques. Cela a aboutit à un calendrier des tâches attribuées à de petites équipes. Rapidement il est apparu que ces équipes seraient fluides et que le plus important était de fixer avec le plus précision possible ces tâches.
De l’idée au storyboard
La mise en application du storyboard dans les étapes ultérieures à conduit aussi à s’intéresser au script (notamment la nécessité de gérer la cohérence des décors, des accessoires et des successions d’actions). Certains ont recouru à des solutions d’intelligence artificielle pour affiner le storyboard lors des premières étapes du tournage en générant, à un moment où il n’était plus possible de passer beaucoup de temps à dessiner, des images par IA. Les enjeux de cet usage sont alors apparus et, même si l’occasion d’en discuter en profondeur n’a pas été donnée, cela représentera sûrement un débat pour les groupes des années à venir. Les étudiant•es ont ensuite proposé des idées et des pitchs
d’histoires à raconter. Deux projets ont recueilli un soutien plus important que les autres, ce qui a conduit à décider que nous mènerons les deux projets de front : il s’agit d’un film sur les proscriptions syllaniennes et d’un film sur l’éruption du Vésuve et les derniers jours de Pline l’Ancien. Une fois les idées posées, il a fallu réaliser un synopsis, puis un scénario détaillé et, enfin, un storyboard. Cette étape était particulièrement intéressante car elle a permis aux étudiant•es de montrer leurs compétences en écriture ou en dessin (au crayon ou à l’ordinateur). 
La construction des décors
Il faut bien l’admettre : nous étions là, avant tout, pour faire des legos. Nous avons donc passé un temps considérable à construire les décors. Il s’agissait de l’étape la plus complexe, car il a d’abord fallu rassembler le matériel tout en gérant le fait qu’il provenait de diverses sources. La difficulté a consisté à concevoir des décors réalisables avec nos moyens matériels, réalistes dans la mesure du possible, puisque l’intérêt était didactique, conçu d’une façon qui permet les angles de prise de vue. Le résultat nous a paru plutôt satisfaisant.



Le tournage

Une fois les décors construits nous sommes passé au tournage. Cette étape nécessite, avant tout, une grande préparation. Une séance entière a été consacrée à l’installation des sites de tournage. Chaque groupe a choisi ses solutions en fonction de ses compétences et des moyens matériels accessibles. Certains ont construits de véritables « boîtes » qui permettaient de gérer la lumière, soit en bois, soit en carton peint en vert pour utiliser la technique du « fond vert », qui permet de rajouter des images et des décors au montage. Il a aussi fallu trouver des sources de lumière multiple (la gestion des ombres est un point sensible du tournage des StopMotion.
Le tournage en lui-même a pris deux ou trois séances. Il a nécessité à la fois le travail minutieux de ceux qui déplaçaient les légos, le travail méthodique de ceux qui géraient les prises de vues et l’attention totale de ceux qui géraient le script.

La post-production
Les deux groupes ont ensuite fourni un travail important de post-production. Pour certains, qui n’avaient pas pu tourner l’ensemble des scènes comme prévu, il a fallu ajouter des images produite par IA. Il a fallu trouver les décors et les fonds à rajouter. Il a fallu enregistrer les sons, trouver les musiques (en gérant les droits musicaux) et, bien sûr, monter les images et les sons ensemble.
Le générique a aussi été une étape intéressante, puisqu’il a fallu prendre en compte toute une série d’éléments qui ne relèvent pas de la création artistique, mais son néanmoins nécessaire (cadre institutionnel, cadre légale, etc.).
Au final, les deux équipes sont très fières de leur projet et assurément contente d’avoir diversifié la production de travaux en licence d’histoire ! Un grand bravo aux deux équipes.

Équipe Pompéi : Gessie Antoni, Charles Dalens, Nicolas Dedome, Greyson Henocque, Flora Lorentz, Amina Ouaret, Hugo Sieye, Bryan Thiery.

Équipe Proscriptions : Axel Angioletti, Lea Branellec, Emile Conrard, Antoine Cornet, Ambre Painvin, Lukas Poulnois, Lena Roth.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Hervé Huntzinger (26 juin 2025). Historia latericia (l’histoire romaine en briques). @ntiquitas. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/147pu


SAMA (Sciences de l'Antiquité et du Moyen Âge)
Cercle des Étudiants en Histoire de Nancy
Master MAH
Université de Lorraine