Nous apprenons avec tristesse la disparition d’Alison Saunders, l’une des pionnières des études emblématiques, professeur de Littérature française à l’Université d’Aberdeen. Dans ses nombreux travaux Alison a apporté une contribution fondamentale à l’étude de la littérature emblématique française au XVIe siècle, ainsi qu’à l’élargissement de l’analyse de l’emblème dans des contextes variés, comme la fête urbaine. Nous gardons le souvenir le plus vif de son acuité intellectuelle et de sa bienveillance.
La Bibliothèque Mazarine & la Librairie de l’Institut sont heureuses d’accueillir Renaud Milazzo, pour une conférence débat autour du livre Le marché du livre d’emblèmes (1531-1750) (éditions Honoré Champion)
La rencontre sera présentée par Angela Nuovo, Professeur à l’università degli Studi di Milano, et animée par Chantal Grell, Professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Inscription gratuite et obligatoire Le nombre de places est limité Les livres achetés sur place pourront être dédicacés. Jeudi 28 mai à 18h30 Institut de France – Bibliothèque Mazarine 23 quai de Conti, Paris 6e
L’Association des Amis des Études Emblémistes en France est ouverte à tout ceux qui s’intéressent aux relations texte-image, aux amateurs d’emblèmes et à ceux qui souhaitent connaître ce domaine de recherche.
Pour adhérer, remplissez le bulletin d’adhésion ci-dessous et envoyez-le au trésorier de l’association.
Entre 1531 et 1750, le livre d’emblèmes circule dans une Europe profondément marquée par les divisions religieuses issues des Réformes. Loin d’une approche centrée sur les contenus symboliques ou littéraires, cette étude propose une relecture du genre à partir des conditions concrètes de sa production, de sa diffusion et de sa réception, en articulant histoire économique, histoire du livre et histoire confessionnelle. En restituant les tensions entre investissements matériels et exigences doctrinales, ce travail met en lumière les dynamiques qui ont accompagné l’expansion, la diversification puis le déclin du livre d’emblèmes dans l’Europe moderne. Ce genre d’ouvrages fut tout autant un instrument de persuasion religieuse qu’un produit soumis aux contraintes et aux opportunités du marché.
Rosa De Marco, L’archivio e la biblioteca come dispositivi critici per una rilettura dell’universo praziano
Mario Praz fu anglista, saggista, scrittore, collezionista e storico dell’arte. Lo sfoglio degli archivi che ha lasciato, congiunto allo studio delle collezioni – libri e oggetti – ha messo in luce la profonda coesione dei diversi fondi. Questa coesione costituisce anche il fondamento della riflessione praziana sull’interazione delle arti, e il carattere pionieristico di un approccio interdisciplinare allo studio della letteratura e della storia dell’arte.
Al fine di approfondire la conoscenza del lavoro di Mario Praz, autore e studioso la cui ricezione in Italia fu a lungo discontinua se non apertamente problematica, questo contributo propone di ricondurre i diversi materiali in un’unica prospettiva di studio, riconoscendo nella loro connessione un quadro interpretativo utile all’analisi incrociata dei documenti.
Questo orizzonte concettuale condiviso è stato finora poco favorito da una realtà materiale e conservativa complessa, poiché gli archivi e la biblioteca sono tuttora dispersi in istituzioni diverse.
Fête et jésuites : s’agit-il d’une tautologie du Grand Siècle, d’un oxymore antijésuite ou, a contrario, de l’accordance de la mission de la Compagnie de Jésus avec un langage universel qui est celui du spectaculaire ?
Le livre met à jour le soubassement historique et culturel de l’image convenue des jésuites comme spécialistes de la fête à travers une enquête menée à partir d’archives inédites, relations imprimées et documents iconographiques.
L’auteur retrace l’implication des Jésuites dans le développement du langage festif en France, entre la fin du XVIe et la première moitié du XVIIe siècle en proposant une approche renouvelée de l’étude de la fête, attentive aux visées spectaculaires des dispositifs éphémères – les architectures, la décoration – et de ses composantes immatérielles – le son, la lumière, l’odeur – qui ont laissé une trace durable dans la culture visuelle de l’époque moderne.
Nous avons acquis en mars 2024 auprès d’un antiquaire breton une modeste mais semble-t-il rare médaille en plomb patiné (54 x 43 mm) datée « du XVIe siècle », sans identification du personnage ni des circonstances de sa frappe. Cette médaille figure à l’avers une femme en buste de profil gauche. Son nez est assez prononcé. Ses cheveux sont remontés en chignon, et elle porte une simple couronne à pointes. Sa robe est maintenue à l’épaule par un bijou. Au revers, on reconnaît les Trois Grâces, nues, debout sur un piédestal. Les deux Grâces de face tiennent un bouquet de fleurs, celle du milieu, de dos, les étreint à l’épaule et au bras. On lit autour du gracieux groupe la devise : « OV QVATRE OV VNE ».
Jean Baudoin (ca. 1584-1650), polygraphe et traducteur abondant, membre de l’Académie française dès sa fondation, fut l’un des médiateurs discrets et méconnus du dessein de Louis XIII et de Richelieu, l’élaboration au lendemain des guerres de religion d’un consensus politique et d’un nouvel ethos au service de la nation France et de la monarchie. Sa volonté de diffuser en français les textes fondamentaux de la littérature de son temps révèle son adhésion sincère à la construction d’une langue accomplie, digne du royaume des lys et appelée à devenir la première d’Europe.
La première partie de cette étude reconstitue la biographie de Baudoin, restitue la portée de son œuvre et s’attache au cheminement qui conduisit l’écrivain et traducteur de l’expression littéraire à l’expression figurative et symbolique. Avant de lui faire jouer un rôle fondamental dans des publications de nature très diverse, Baudoin avait compris la puissance signifiante de l’image et l’intérêt de son emploi à des fi ns politiques. Ce passage marque une double translatio, l’une culturelle, qui opère le passage du texte à l’image ; l’autre politique, marquant sa participation à la translatio imperii voulue par le roi et par Richelieu. Par là, Jean Baudoin fut témoin et acteur de la promotion à la fois anthropologique et idéologique des images parlantes efficientes.
La seconde partie porte sur l’adaptation de cette translatio aux domaines alors en vogue de l’emblème et de l’allégorie. L’intérêt de Baudoin pour l’image gravée dans les livres à figures fut sans doute d’abord toute pragmatique avant de devenir une conviction enthousiaste. C’est lui qui restaura en France le genre de l’emblème dans son Recueil d’emblèmes divers. Il traduisit et trahit l’ultramontain Cesare Ripa, enrôlant finement son Iconologia au côté de l’autorité royale, si bien que leurs noms restent liés grâce au jeu savant consistant à « lire » les œuvres d’art à la lumière du célèbre dictionnaire d’abstractions figurées. Mais l’œuvre de Baudoin, ici entièrement reconsidérée, excède les commodités de la combinatoire des signes et des motifs, car l’homme de lettres fier et modeste semble avoir rêvé de constituer à travers la littérature symbolique une bibliothèque commune illustrée.
Afin de nous faire patienter en attendant le prochain congrès de la Society for Emblem Studies qui a dû être repoussé à l’été 2022, nos collègues et amis de Coimbra et de la SES ont décidé de mettre en place un cycle de conférences en ligne Road to SES conference Coimbra 2022.
Vous trouverez ci-dessous le programme des 3 sessions, ainsi que les résumés des communications
La Bibliothèque Universitaire de Liège conserve une modeste collection d’une trentaine de livres d’emblèmes. Les livres d’Alciat, Paradin, Boissard, Hadrianus, Sambucus ou encore de Cats, Maier, De Brune et Ménestrier occupent une étagère aujourd’hui peu consultée. Leur provenance n’est pas toujours connue. Parmi les marques de propriété figure celle du collège des Jésuites de Liège, « Collegii Societatis Jesu Leodii », abrité jusqu’à 1773 dans l’actuelle université. Environ une dizaine de ces livres appartenait au baron Adrien Wittert (1823-1903), bibliophile et amateur d’art liégeois qui légua à l’Université, en 1903, sa collection de 20 000 volumes imprimés et manuscrits, et de 25 000 estampes. D’autres ex-libris manuscrits rappellent les noms de contemporains de Wittert, avocats, industriels et même un artiste. L’ex-libris du peintre belge Charles Joseph Van Landuyt(1854-1934) figure sur la page de titre des Amorum emblemata d’Otto Vaenius (Anvers, 1608). On pourrait imaginer qu’il s’est inspiré des gravures de ce livre pour son Enfant jouant sur la plage, daté de 1888.