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Information sur l'emploi en sciences humaines et sociales

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Attaque gouvernementale contre l’IRD. « Un État efficace ne se réduit pas à l’élimination de supposés doublons ». Communiqué intersyndical du 24 juillet 2026

Communiqué SNCS-SNTRS-Sud Recherche

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Le gouvernement revendique la construction d’un « État efficace ». Parmi les mesures annoncées figure la « rationalisation » des opérateurs publics, au nom d’une simplification de l’action publique. Derrière ce vocabulaire se cache pourtant une logique bien plus brutale : faire disparaître ou fusionner des établissements jugés redondants. Cette logique atteint aujourd’hui la recherche publique et menace directement l’Institut de recherche pour le développement (IRD) que l’État veut dissoudre dans le CNRS.

Mais, qu’appelle-t-on un doublon ? Qu’est-ce qu’une économie en recherche ?

Deux organismes qui font de la recherche sont-ils nécessairement interchangeables ? Peut-on réduire quatre-vingts années de partenariats, d’expertise, de présence internationale et de confiance patiemment construite, à une simple ligne dans un organigramme ? À ces questions, le gouvernement n’apporte aucune réponse.

Le calendrier lui-même interroge : alors que les décisions se préparent au coeur de l’été, le débat démocratique n’existe pas. Une telle réforme ne peut se faire par une procédure accélérée.

Derrière la rationalisation, une vision appauvrie de l’État

L’efficacité d’un État ne se mesure pas au nombre d’établissements qu’il fait disparaître. Elle se mesure à sa capacité à préserver ce qui constitue ses forces stratégiques.

La recherche publique n’est pas une dépense comme une autre. Le maintien de l’IRD ne grève pas le budget de l’État, il est au contraire un levier pour mobiliser des financements extérieurs et un investissement sur le futur. Il aide à anticiper les conséquences des changements en cours et donc à faire des économies, à moyen et long terme, pour l’adaptation aux changements et la prévention des risques à l’échelle locale, régionale et globale. L’IRD, en effet, produit des connaissances, éclaire les décisions publiques, forme les générations futures et construit des relations internationales face aux bouleversements en cours au plus près des populations des Suds et de l’Outremer. Les recherches de l’IRD sont essentielles pour anticiper et réduire le coût de la lutte contre les dérèglements environnementaux auxquels font face les populations : celles de la France, de ses outremers et des Suds.

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La CP-CNU communique : déontologie, droits différenciés, avancement de grade, précarité

La commission permanente du CNU (CP-CNU) s’est réunie en assemblée plénière le 18 juin 2026.
 

Lors de cette assemblée, la CP-CNU a adopté la charte de déontologie relative aux membres du Conseil national des universités.

Cette charte établit les règles et principes de désignations des rapporteurs ainsi que ceux s’appliquant à l’examen des dossiers dans le cadre des procédures. Elle rappelle que les critères des sections doivent être transparents. Ces critères ne sauraient être uniquement quantitatifs (en particulier, les informations bibliométriques sont fortement déconseillées) mais doivent considérer la qualité de la recherche fondée sur l’appréciation scientifique des travaux par les membres de la section.
La charte rappelle les règles d’équité et d’impartialité ainsi que de confidentialité. Sur ce point, la charte précise que les rapporteurs ne doivent pas utiliser des modes d’analyse et d’évaluation automatisés ou robotisés des dossiers tels que l’Intelligence Artificielle (IA) qui pourraient porter atteinte à la confidentialité des éléments des dossiers.
Enfin la charte préconise que les membres de la section renoncent personnellement à toute demande de promotion au niveau national.

L’assemblée a également voté trois motions :

Campagne d’accompagnement des vacataires à Paris 1. De premières victoires qui en appellent d’autres

Academia relaie le communiqué sur les premières victoires pour que les vacataires soient enfin respecté·es. 

23/06/2026

Depuis un an, plusieurs dizaines de vacataires de l’Université Paris 1, accompagné·es par le collectif doctorant·es & vacataires de la CGT Ferc, ont engagé des procédures contentieuses contre l’Université pour des raisons d’absences de paiement, refus de paiement, refus de prise en charge des frais de transport, et non respect de la loi sur la mensualisation de la paie des vacataires.

Le tribunal administratif de Paris a rendu une première ordonnance de jugement dans le cas d’un des recours contentieux, et condamne l’Université Paris 1 à verser 600 euros à un·e requérant·e au titre du préjudice moral de ne pas avoir été payé·e tous les mois, comme l’exige la loi. C’est la première fois depuis l’introduction de la mensualisation de la paie des vacataires dans la loi qu’une université est condamnée à verser des préjudices. L’ordonnance de jugement est claire, pour qui en doutait encore : mensualiser la paie, cela veut dire payer tous les mois, dès la fin du premier mois de travail.

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Décès de Marie Desbois : pas un·e mort·e de plus à l’Université

Le 8 juin 2026, Frédéric Magrat annonçait auprès de plusieurs listes de diffusion disciplinaires, de syndicats, de notre adresse de contact et d’autres personnes, le suicide de Marie / Maria Desbois (pseudonyme), qui alertait publiquement depuis des années sur la détresse engendrée par sa précarité dans l’ESR. Suite à cette annonce, l’ASES, relayée par l’AFS, a publié un message de soutien et rappelé les ressources existantes pour faire face aux détresses. Le 10 juin, le collectif Nous ne voulons plus mourir à l’université a diffusé sur la liste de l’ANCMSP un message appelant à agir face à la précarité généralisée et l’absence massive de postes de titulaires. Avec leur accord, nous reproduisons ici ce message. Toute l’équipe d’Academia s’associe aux prise de position publiques et au message privés pour exprimer sa colère face à la situation délétère de l’ESR, et son plus profond soutien aux proches de Marie / Maria Desbois.

C’est avec une immense tristesse et une aussi grande colère que nous prenons connaissance du suicide de Marie Desbois. Nous pensons évidemment à elle, à sa famille, ses ami·es, ses collègues.  

Précaires de l’ESR, cette nouvelle nous est absolument insupportable, et ce à tant d’égards.

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Le traitement des VSS à l’UPEC : comment le silence pèse

Dans le cadre des élections aux conseils centraux de l’Université Paris-Est Créteil (16 et 17 juin 2026), les listes “Union des personnels pour l’UPEC” — des listes intercatégorielles et soutenues par l’intersyndicale CFDT, CGT, FSU (SNESUP et SNASUB) et SUD — ont ouvert un blog afin de documenter les pratiques d’une université de banlieue qui, bien que portée au quotidien par une multitude de personnels remarquables, dysfonctionne en tant qu’institution, ainsi qu’Academia l’a déjà documenté plusieurs fois. Les situations relatées dans ce blog ne relèvent évidemment pas seulement d’enjeux locaux ; elles illustrent, souvent de manière particulièrement visible, des évolutions qui traversent aujourd’hui l’ensemble de l’ESR. C’est pourquoi plusieurs de ces billets sont reproduits sur notre carnet. Documentons encore et encore ce qui est en cours.

En date du 15 décembre 2025, les personnels de l’IUT Sénart-Fontainebleau reçoivent un mail de la présidente de l’UPEC les informant que leur directeur est « empêché » d’exercer ses fonctions et qu’une direction provisoire prend le relais.

Les enseignant-es, personnels, présent-es alors au sein de l’établissement s’inquiètent : le directeur a t-il eu un accident ? Un problème de santé ? C’est un grand fumeur… Auprès de qui peuvent-ils prendre des nouvelles, peut-on l’appeler ?

Dès lors, un silence épais, entrecoupé de bruits de couloir et de rumeurs diverses, s’installe à l’IUT. « c’est une affaire de harcèlement moral », « non, pas moral, sexuel » «  c’est une affaire de viol », « telle BIATSS est concernée », « oui, mais aussi une enseignante » « et apparemment des étudiantes », « il paraît que telle étudiante était mineure », « mais moi il ne m’a jamais rien fait, je ne peux pas y croire », « oui mais tel collègue masculin qui a longtemps travaillé avec lui savait », « on sait bien de toute façon, il n’est pas le seul concerné, tel autre enseignant est connu pour des attitudes déplacées vis-à-vis des étudiantes ».

Comme dans toutes ces affaires, tout le monde sait ou croit savoir. Comme dans toutes ces affaires, certain-es brandissent la présomption d’innocence et salissent d’ores et déjà des plaignantes dont le comportement n’aurait pas été exemplaire.

Le 2 mai, soit près de 6 mois après ce mail laconique et lacunaire, stupeur et sidération des collègues à la lecture du Parisien.

Capture d’écran, leparisien.fr, 1er mai 2026

L’article parle-t-il du directeur « empêché » ? S’agit-il d’un autre ? Après tout, les cadres formateurs ne manquent pas à l’IUT… et les affaires de VSS ne manquent pas dans l’enseignement supérieur comme ailleurs.

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Opposition aux frais d’inscription différenciés pour les étudiant·es extra-communautaires

Plusieurs conseils d’université se sont prononcées contre le décret 2026-385 du 19 mai 2026 portant sur la limite d’exonération des frais d’inscription différenciés. Nous recensons les différentes initiatives ci-dessous:

  • Présidence de l’EHESS, communiqué du 1er juin 2026
  • Présidence d’Aix-Marseille université, communiqué du 29 mai 2026
  • Conseil d’administration de l’université Paris-Saclay, motion du 26 mai 2026
  • Comité de direction de l’Institut des Hautes Études d’Amérique Latine (Université Sorbonne Nouvelle), motion du 26 mai 2026
  • Conseil de l’UFR Sciences de Aix-Marseille Université, motion du 22 mai 2026
  • Conseil d’administration de Paris Cité, motion du 22 mai 2026
  • Présidence de Paris-Nanterre, communiqué du 22 mai 2026
  • L’université Rennes-2 n’appliquera pas les frais d’inscription différenciés à la rentrée 2026, communiqué du 21 mai 2026
  • Conseil de l’UFR ALLSH de Aix-Marseille Université, motion du 21 mai 2026
  • Sénat académique de Paris Cité, motion du 19 mai 2026
  • Conseil d’administration de l’université Marie et Louis Pasteur de Franche-Comté, motion du 19 mai 2026
  • Conseil d’UFR restreint de l’Institut d’urbanisme et de géographie alpine (IUGA) de l’Université Grenoble Alpes, motion du 19 mai 2026
  • Conseil d’administration de l’université de Toulouse Jean Jaurès, motion du 12 mai 2026

Une année de procès à l’UPEC : chronique contentieuse d’un service public dégradé

Dans le cadre des élections aux conseils centraux de l’Université Paris-Est Créteil (16 et 17 juin 2026), les listes “Union des personnels pour l’UPEC” — des listes intercatégorielles et soutenues par l’intersyndicale CFDT, CGT, FSU (SNESUP et SNASUB) et SUD — ont ouvert un blog afin de documenter les pratiques d’une université de banlieue qui, bien que portée au quotidien par une multitude de personnels remarquables, dysfonctionne en tant qu’institution, ainsi qu’Academia l’a déjà documenté plusieurs fois. Les situations relatées dans ce blog ne relèvent évidemment pas seulement d’enjeux locaux ; elles illustrent, souvent de manière particulièrement visible, des évolutions qui traversent aujourd’hui l’ensemble de l’ESR. C’est pourquoi plusieurs de ces billets sont reproduits sur notre carnet. Documentons encore et encore ce qui est en cours.

Entre mai 2025 et mai 2026, plusieurs décisions de justice concernant l’UPEC ont été rendues par le tribunal administratif de Melun et le Conseil d’État. Prises isolément, chacune pourrait être regardée comme un litige ponctuel parmi les milliers de situations administratives qu’une grande université doit gérer chaque année. Mais leur accumulation, leur proximité temporelle et surtout leur cohérence d’ensemble racontent autre chose. Ces affaires révèlent des dysfonctionnements importants au sein de l’établissement, en termes de respect des droits des personnels ­— en particulier contractuels —, de qualité des procédures internes et de fonctionnement collégial des instances.

 

Il serait évidemment trop simple d’y voir la seule responsabilité des dernières présidences de l’université. Comme dans d’autres secteurs du service public — et notamment à l’hôpital — ces dysfonctionnements s’inscrivent dans un contexte plus large : sous-financement chronique de l’enseignement supérieur, multiplication des appels à projets au détriment des financements pérennes, gestion sous contrainte permanente, surcharge des services, précarisation des personnels… Les services administratifs universitaires apparaissent aujourd’hui largement exsangues, souvent placés dans l’impossibilité matérielle d’assurer correctement leurs missions ordinaires.

Mais si les présidences d’université ne sont pas à l’origine de cette situation, elles contribuent directement à l’aggraver lorsqu’elles choisissent de l’accompagner plutôt que de lui résister : ce sont bien des choix locaux qui font que les procédures deviennent de simples formalités, que les instances collégiales sont réduites à enregistrer des décisions déjà prises ou que les droits les plus élémentaires doivent être obtenus sous contrainte contentieuse. Bref, plutôt que de multiplier les dispositifs d’excellence, les appels à projets et les réorganisations spectaculaires, il faudrait peut-être déjà commencer par une exigence plus simple : permettre à l’université d’assurer correctement ses missions fondamentales, dans des conditions de travail, d’enseignement et de recherche dignes, stables et respectueuses des individus comme des règles collectives qui fondent le service public universitaire.

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Gratuité payante des droits étudiants : un “gouvernement des juges” ou des juges de gouvernement ?


Philippe Baptiste, directeur de cabinet de Frédérique Vidal, 2018

Le 2 juillet 2020, Academia publiait une analyse alarmante  analyse alarmante de la réponse du Conseil d’État  à la question prioritaire de constitutionnalité portée par de nombreuses organisations, sur la “gratuité payante” et la discrimination imposée par la loi “Bienvenue en France”.  Alors que Philippe Baptiste tente un coup de force autoritaire au CNESER, boycotté par  95% des membres hier, Paul Cassia en interroge une nouvelle fois la constitutionnalité. 

  • par Paul Cassia, professeur de droit public à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. tribune publiée initialement dans Le Monde

Dans un contexte budgétaire rendu délibérément catastrophique pour les universités par les politiques publiques nationales, le gouvernement croit avoir trouvé le remède nécessaire et inéluctable : faire davantage contribuer financièrement les usagers de l’enseignement supérieur public aux frais de fonctionnement de leurs établissements d’appartenance par une augmentation des droits d’inscription, lesquels, avec environ 500 millions d’euros par an, représentent aujourd’hui moins de 3% des recettes des établissements, alors que les trois quarts de ces ressources proviennent de subventions étatiques.

Sur ce terrain, il existe depuis 2018 deux catégories d’étudiants : d’une part, les étudiants français et européens, qui s’acquittent de 178 euros pour une année de licence et de 254 euros pour une année de master ; d’autre part, les étudiants étrangers non européens, qui doivent débourser 2 895 euros pour accéder à chacune des trois années de licence et 3 941 euros pour chacune des deux années de master. En pratique, la plupart des étudiants étrangers bénéficient aujourd’hui d’exonérations, dont l’actuel ministre de l’enseignement supérieur a annoncé le 21 avril le tarissement prochain, avant peut-être que lui ou son successeur ne décide de caler le niveau des droits d’inscription des étudiants nationaux et européens sur ceux qui sont demandés aux étudiants étrangers.

En réalité, aucun étudiant de l’enseignement supérieur public, peu importe sa nationalité, l’établissement ou l’année d’inscription, ne devrait se voir demander quelque droit d’inscription que ce soit puisque, selon le 13e alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui a pleine valeur constitutionnelle sous la Ve République,

« l’organisation de l’enseignement public gratuit (…) à tous les degrés est un devoir de l’Etat ».

Voilà une disposition constitutionnelle d’une limpidité cristalline. Elle s’applique à l’enseignement public primaire, secondaire et supérieur ; elle prévoit non pas un principe – qui induirait des exceptions – mais une gratuité pure et simple.

Dans le vocabulaire courant, chacun sait ce que signifie ce terme sans qu’il soit besoin d’ouvrir un dictionnaire : est gratuit ce qui ne coûte rien. Cette acception du mot « gratuit » est universelle, intemporelle, et l’on ne connaissait pas jusqu’en 2018 de pays ou d’époque où, par un invraisemblable oxymore, il y aurait place pour une « gratuité payante ». Il aura hélas fallu attendre le 11 octobre 2019 pour que le Conseil constitutionnel décide, de manière non seulement contre-intuitive, mais manifestement contraire à la lettre et l’esprit du texte constitutionnel, qu’en France, pour l’enseignement supérieur, l’Etat pouvait faire payer l’accès à un service public dont la Loi républicaine suprême prévoit la gratuité : il a alors jugé que « des droits d’inscription modiques » pouvaient être perçus comme condition d’accès aux universités, « en tenant compte, le cas échéant, des capacités financières des étudiants ».

La décision du 11 octobre 2019 constitue un excellent exemple de ce que peut être le « gouvernement des juges » : les juridictions administratives et constitutionnelles adaptent la règle de droit au bénéfice des pouvoirs publics, c’est-à-dire de l’intérêt général, et au détriment des intérêts individuels (ici, ceux des étudiants). Des « juges pour le gouvernement », en quelque sorte.

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Résolument antifascistes, hier comme aujourd’hui. Appel à manifester le mardi 3 mars 2026

 

  • Communiqué des syndicats CGT des universités lyonnaires, 25 février 2026

Le moment politique que nous vivons depuis le décès du militant néo-nazi Quentin Deranque nous sidère. Samedi 21 février, un défilé s’est tenu à Lyon avec toutes les nuances de l’extrême droite, enchaînant les slogans racistes, homophobes et les saluts nazis à proximité de nos Universités. Nombre de militants présents sont bien connus pour appartenir à des groupuscules pétainistes, nationalistes-révolutionnaires, ou identitaires. Plusieurs activistes condamnés par la justice pour leur violence ou ayant fondé des groupes d’extrême droite aujourd’hui dissous (l’Oeuvre française, la Citadelle, etc.) étaient présents dans le cortège.

Le danger “pour l’ordre public” représenté par cette manifestation n’a pas été considéré comme justifié par la préfecture et le ministre de l’Intérieur, malgré les appels de plusieurs responsables politiques dont le maire de Lyon. Le danger était pourtant bien réel, et aujourd’hui, faute d’avoir écouté les alertes, la préfecture se retrouve à saisir la justice au sujet de cette manifestation. Livrées à elles-mêmes, les universités n’ont eu de choix que celui de la prudence, en fermant les bibliothèques universitaires et de nombreux locaux sur nos campus ce samedi. Des messages de vigilance, voire d’encouragement à se confiner ont été envoyés à la communauté étudiante. De nombreux évènements festifs et progressistes dans toute la ville de Lyon et aux alentours ont aussi été annulés.

Non à la diabolisation de l’antifascisme !

Nous refusons l’inversion morale du débat public qui consiste à rendre l’extrême droite fréquentable et à diaboliser toutes formes de revendications progressistes. Jamais nous ne renverrons dos à dos le fascisme et l’antifascisme. En revanche, rien ne peut justifier de continuer de frapper une personne déjà à terre, car il ne s’agit plus alors de se défendre. Nous condamnons donc les agissements virilistes qui en sont la cause et nous déplorons le décès de Quentin Deranque.

Photo d'un mur "Soutien aux antifas lyonnais.Vive l'autodéfense populaire", encadré par ses auteurices masquéees

Bruxelles, Belgique. @RadicalGraffiti.bsky.social, 25 février 2026

Nous nous indignons de l’instrumentalisation d’un décès par une frange importante de l’élite politique, patronale et médiatique qui a décidé de pactiser avec l’extrême droite. Cela conduit à une offensive idéologique contre l’antifascisme et le bloc politique progressiste. Elle est menée non seulement par l’extrême-droite mais aussi par des membres du gouvernement, et par une partie de l’Assemblée Nationale, ayant organisé une minute de silence pour la mort du militant néo-nazi, sans égard pour les morts et la violence causés par l’extrême droite ces dernières années, largement documentés par des chercheur·euses et des journalistes.

Une situation locale explosive et connue

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Les bibliothècaires du Muséum en grève depuis un mois !

Les personnels du Muséum national d’histoire naturelle ont entamé depuis plusieurs semaines une lutte pour l’augmentation de leurs primes et la rémunération majorée des samedis travaillés, n’ayant actuellement pas d’autres choix que de récupérer en temps majoré ce travail.
Pour l’instant sans réponse concrètes à leurs revendications, iels assurent depuis le 31 janvier, chaque samedi un piquet de grève devant le 38 rue Geoffroy Saint-Hilaire entre 11h et 15h.
Votre soutien peut prendre plusieurs formes:

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Des personnels font condamner leur université devant le tribunal administratif

Trois enseignants-chercheurs et une gestionnaire de scolarité partie à la retraite ont obtenu la condamnation de l’Université de Caen Normandie par la justice administrative. Après avoir examiné les trois mémoires déposés, le tribunal a estimé que les plaignants avaient prouvé que l’université avait manqué à son obligation d’assurer la sécurité et la protection de la santé physique et morale des agents de l’UFR Staps entre juin 2016 et novembre 2020.

Les faits

Plusieurs facteurs ont contribué aux dysfonctionnements survenus dans cette UFR à partir de la rentrée 2016-2017 : des modifications brutales imposées sans concertation au sein du service de scolarité ; l’inefficacité des nouvelles procédures, due à l’absence de formation des responsables hiérarchiques de la scolarité et du service administratif ; l’incapacité de ces responsables à collaborer avec les gestionnaires de scolarité. En quelques mois, cette situation a provoqué une désorganisation profonde des examens et des emplois du temps.

En réaction au mal-être exprimé par les gestionnaires de scolarité et la persistance des dysfonctionnements administratifs, les personnels enseignants et les étudiants ont démarré un mouvement social de dix jours pour protester contre cette situation et réclamer des renforts afin de mettre fin à ce désordre. Les problèmes n’étant toujours pas résolus deux semaines plus tard, plusieurs dizaines d’étudiants ont envahi la scolarité pour exprimer leur mécontentement.

La répression

Dans un premier temps, la présidence de l’Université a répondu à cette exaspération par une spirale d’actes répressifs : fermeture administrative des bâtiments, délocalisation du service administratif placé sous la surveillance de la direction de l’UFR avec l’interdiction pour les enseignants de rencontrer les gestionnaires de scolarité, convocation devant le conseil de discipline d’un enseignant-chercheur et de trois étudiants, mise en place d’une enquête administrative à charge, dont l’échéance sera toujours repoussée et qui sera accompagnée de la menace répétée d’éventuelles poursuites disciplinaires, convocation d’un enseignant par la médecine préventive pour vérifier son aptitude professionnelle, etc. Continuer la lecture

Démographie des enseignants-chercheurs. Note de la CP-CNU

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR) a récemment produit plusieurs rapports : sur l’emploi scientifique, sur la trajectoire professionnelle des enseignants-chercheurs et enseignantes-chercheuses (EC), sur lesprévisions des départs en retraite, et sur le panorama des personnels enseignants de l’enseignement supérieur. Dans cette note, la commission permanente du CNU (CP-CNU) reprend les données de ces rapports en mettant l’accent sur la démographie des EC.

De 2007 à 2023, le nombre d’EC est resté stable, alors que le nombre d’étudiants a augmenté de 15%. Cette différence d’évolution a entraîné une baisse du taux d’encadrement et une hausse importante des heures complémentaires entre 2017 et 2023 (hausse des heures de l’ordre de 27 %).

Dans un scénario haut des modèles du systèmes d’information et des études statistiques (SIES), les départs définitifs (retraites et autres départs) pourraient augmenter de 47 % (+ 4,9 % par an) sur l’ensemble de la période 2022-2030. Pour maintenir le taux d’encadrement actuel, déjà insuffisant, ilfaudrait recruter 1,24 fois plus d’EC qu’aujourd’hui. L’attractivité du métier devient donc une question cruciale pour l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche en France.

Academia reproduit ci-dessous les conclusions dela Note que vous pouvez trouver en intégralité sous ce lien..

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IA dans l’enseignement et la recherche: veille de janvier 2026

1. Politique publique d’enseignement et de recherche

Outils internes d’IA

En France, le CNRS a annoncé la mise à disposition d’un chatbot interne, « Emmy », basé sur Mistral AI en vertu d’un accord avec l’entreprise : https://next.ink/brief_article/le-cnrs-va-proposer-son-chatbot-iagen-emmy-a-ses-agents-et-proscrire-les-autres/ En parallèle, les autres outils d’IA conversationnels seront interdits aux agents du CNRS en vue de protéger les données de recherche. D’autres organismes d’enseignement supérieur et de recherche lancent également leurs outils internes d’IA générative, comme par exemple l’université de Reims avec Oratio.

David Monniaux, chercheur en informatique rattaché au CNRS, a testé Emmy et analyse son expérience dans un post de blog : https://blogs.mediapart.fr/david-monniaux/blog/191225/l-ia-qu-nous-enfonce-dans-la-gorge. Il écrit : « L’image que l’on aime parfois à donner de l’IA est celle d’une technologie libératrice, qu’il suffit de savoir utiliser à bon escient et que seuls des esprits grincheux critiquent. En réalité, elle automatise parfois ce qui ne devrait pas être automatisé, et n’automatise parfois pas ce qui devrait l’être. »

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L’étrange célébration de la laïcité par l’Académie de Lyon

L’Académie de Lyon organise une journée de formation continue sur la laïcité à destination des enseignant.es du secondaire le 11 décembre à l’ENS Lyon. Cette journée est inscrite dans le cadre de la célébration des 120 ans de la loi du 9 décembre 1905, pierre angulaire du principe de laïcité en France.

Les organisations syndicales de l’Education nationale dans le Rhône pointent et dénoncent cependant le choix problématique d’intervenant.es réactionnaires pour animer cette journée. Nous reproduisons ci-dessous leur communiqué.

Les syndicats de l’ENS Lyon (CGT, Sud, FSU, Echarde) appellent également à l’annulation de cette formation et à manifester devant l’amphithéâtre où a lieu la formation.

Rapport de l’IGESR sur les vacataires : réponse du collectif CGT Doctorant·es

Une version longue de ce texte peut être téléchargée à cette adresse : VersionLongue_CGTDoc_RapportIGESRVacataires

Le 6 juin 2025, l’Inspection Générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche (IGÉSR) publiait un rapport sur les enseignant·es vacataires dans l’enseignement supérieur. La mission d’enquête estime qu’en moyenne une heure de cours sur cinq à l’université est donnée par un⋅e vacataire. Son rapport pointe l’hétérogénéité des situations locales, avec une variation de 16 à 35 % de la charge d’enseignement totale effectuée par les vacataires selon l’établissement.

En réponse aux mobilisations des jeunes chercheur·ses ces dernières années sur le recours abusif au statut de vacataire par les Universités, la mission conteste une « explosion » du recours aux vacataires : pour l’IGÉSR, la hausse globale du volume de cours est davantage absorbée par des contractuel⋅les et par les heures complémentaires des enseignant⋅es chercheur⋅ses statutaires.

Ce propos appelle deux remarques : tout d’abord, l’IGÉSR démontre que la hausse du nombre de cours n’est en aucun cas absorbée par des recrutements supplémentaires d’enseignant·es chercheur·ses statutaires. Ensuite, pour contester une « explosion » du recours aux vacataires, la mission ne s’appuie que sur les données allant de 2017 à 2023. Ce choix temporel est bien commode, et il suffit d’élargir la focale pour constater le recours croissant aux vacataires :
· En nombre d’heures d’enseignements, le rapport Schwartz évoquait 2,9 millions d’heures données par des vacataires en 2007, l’IGÉSR cite « 5 260 286 heures d’enseignement en vacation » sur l’année 2022-2023.
· En nombre d’agents, la Direction générale des ressources humaines (DGRH) du MESR citait – dans sa première note faisant état de la situation des vacataires – sur l’année 2013-2014 le nombre de 130 000 vacataires. L’IGÉSR cite 158 464 personnes recensées par la DGRH sur l’année 2022-2023.

Bref, pour contester toute hausse, l’IGÉSR a fait commencer son étude à partir de l’année ou le vivier de vacataires se stabilise.

Ensuite, le rapport pointe la fragilité juridique du recours constant aux vacataires par les universités, et la précarité statutaire dans laquelle les universités placent les vacataires : les universités font débuter les enseignements parfois plusieurs mois avant la signature d’un « contrat » de vacation (lorsqu’elles en font signer un) ; elles refusent de rembourser leurs frais de déplacement malgré l’obligation légale en vigueur ; elles recrutent des vacataires qui ne répondent pas aux conditions statutaires et bloquent alors leur paie ; elles ne paient pas mensuellement les vacataires ; elles ne paient pas de congés payés aux vacataires.

Face à cette situation, les préconisations du rapport prennent une direction surprenante :
· D’un côté, la mission recommande, à raison, que les vacataires fassent l’objet d’un meilleur suivi au niveau des ressources humaines, et que les processus de recrutement soient simplifiés afin d’alléger des procédures lourdes tant pour ces enseignant·es que pour les personnels administratifs qui les suivent. Elle recommande d’appliquer des taux de rémunération majorés, de payer des indemnités compensatoires de congés payés, et de privilégier le régime des Activités Complémentaires d’Enseignement (ACE) pour les cours assurés par des doctorant·es contractuel·les.
· De l’autre, sans rien proposer pour améliorer le statut de vacataire, le rapport préconise de massifier son recours : en retirant la limite d’âge pour effectuer des vacations, en permettant aux retraité·es d’assurer des Cours Magistraux (CM), et en ouvrant le statut de vacataire à des étudiant·es de Master. De telles propositions élargiraient le vivier des personnels précaires, et rendraient les universités plus dépendantes des vacations qu’elles ne le sont déjà. Enfin, faute de proposer une amélioration du statut des enseignant·es vacataires, le rapport propose de « moderniser » le statut… en changeant sa dénomination !

Nous signalons à l’IGÉSR qu’enlever le mot « vacataire » de ce statut ne changera en rien les conditions matérielles d’exercice de leur métier et d’existence des enseignant·es !

Le collectif doctorant·es de la CGT s’oppose fermement à de telles recommandations, qui oscillent entre ridicule maquillage sémantique et élargissement de la trappe à précarité que représente le statut de vacataire. Une large part des vacataires de l’enseignement supérieur sont de faux vacataires : ils exercent ces fonctions faute de bénéficier d’un statut plus stable, et leur situation personnelle est lourdement affectée par le versement erratique de leur rémunération et les incertitudes sur leur situation administrative. Le rapport le reconnaît, mais ne propose rien. Ces situations ne sont pas imputables à une simple mauvaise gestion, mais bien consubstantielles au statut de vacataire et à son recours par les universités. Le recours massif aux vacataires crée en lui-même un sur-travail administratif pour de multiples agent⋅es des universités, qui doivent gérer les recrutements, valider les services, mettre les heures en paiement, produire jusqu’à des milliers de « contrats » annuels pour une même université, etc. : bref, autant de travail bureaucratique qui disparaît dès lors que l’on recrute des fonctionnaires, et qui est déjà moindre en recrutant des agent·es contractuel·les !

Contre la précarisation de l’enseignement à l’université, nous exigeons :
· Immédiatement, de basculer les vacataires actuel⋅les sur le régime des agent·es contractuel⋅les ;
· De restreindre le recours aux vacations à des interventions ponctuelles et non pérennes ;
· D’augmenter le nombre de postes de doctorant⋅es contractuel⋅les chargé⋅es d’enseignement et d’ATER ;
· D’ouvrir massivement des postes de maître·sse de conférence et de chercheur·ses.

Dans l’immédiat, la CGT bataille pour faire respecter et améliorer les droits des vacataires. Nous accompagnons de nombreux·ses vacataires, dans des situations parfois dramatiques à cause des retards ou de l’absence de paiement, et nous avons déjà fait reverser plus de 17 000 € à ces salarié⋅es. Depuis des années, les vacataires se mobilisent, par la grève, la rétention des notes faute de paiement, et par des démarches contentieuses pour faire respecter leurs droits.

Le ministère et les présidences d’université usent et abusent du recours aux vacataires pour faire tourner les offres de formation sans moyen. Et ce au détriment des conditions d’études des étudiant·es et du respect des droits les plus élémentaires de leurs enseignant·es.

Le rapport invoque l’« absence de mouvement social » pour justifier de ne pas améliorer la situation des vacataires. Message reçu.

Soyons le « risque social avéré » qui mettra fin à la précarisation de nos conditions de travail et d’emploi !

Le collectif doctorant·es de la CGT FERC